Datant de 1946, « Les tueurs » est un pur chef-d'oeuvre du film noir. Réalisé par Robert Siodmak alors bien installé à Hollywood, révélant à l'écran un nouvel acteur promis à une carrière d'exception (Burt Lancaster) et confirmant le talent d'Ava gardner après plus d'une dizaine de seconds rôles, ce film est un véritable jalon dans l'histoire du film policier. Jouant avec les éclairages comme dans « Phantom Lady », mais cette fois avec un budget confortable, et tirant un maximum de ses acteurs principaux , mais aussi de seconds rôles de qualité (Edmond O'Brien, Albert Dekker, William Conrad et quelque autres), Robert Siodmak impose à nouveau une ambiance crépusculaire, des cadrages inhabituels (plusieurs plans à la grue de toute beauté), une musique bien présente mas sachant se faire discrète, et surtout la féminité sauvage d'Ava Gardner et le charisme de Burt Lancaster qui passe de la violence primaire (il ne discute pas, il cogne) à la soumission totale à une femme qui le mène à sa perte mais qui est d'une beauté tellement sublime (alors que curieusement sa garde-robe ne la met pas du tout en valeur) qu'il est incapable non seulement de lui résister, mais aussi de voir clair dans son jeu. Le second DVD comporte une série assez époustouflante de bonus dont une adaptation radiophonique intégrale de 1949 présentée par Siodmak et interprétée par Lancaster, Shelley Winters remplaçant Ava Gardner. Le court métrage de Tarkovsky est anecdoctique, les acteurs et les décors faisant plutôt pitié.