De l'adolescence à la mort, c'est le récit d'une passion amoureuse hors du commun, car George (sans S comme George Sand, Sanzès pour ses camarades de classe !) et Gauvain feront tout leur possible pour se retrouver régulièrement et faire vibrer leur désir. Un amour que tout contrarie car les deux héros sont d'un milieu social très différent (une famille paysanne bretonne où tous les fils deviennent marins, absents au large 9 mois sur 12, et une prof d'histoire qui écrit une thèse), sont mariés chacun de leur côté, sont séparés par des milliers de kilomètres, mais voilà, ils n'y peuvent rien, dès qu'ils sont proches l'un de l'autre, leurs corps s'affolent et se cherchent, se savourent et se ressourcent.
Curieuse préface de l'auteur qui met en garde : comment écrire l'acte d'amour sans user de mots banals, vulgaires, scientifiques, médicaux ou pornographiques ? Elle relève très bien le challenge, ce n'est pas un livre érotique même si elle appelle un chat un chat, et c'est joliment écrit.
Une réflexion aussi sur le désir féminin, sur l'émancipation et la liberté de la femme, la farouche poursuite d'une volonté d'être soi, indépendance et déterminisme qui peuvent surprendre dans les années soixante où se déroule l'histoire. Et la douceur de savoir que vous avez toujours quelque part un bonheur secret rien qu'à vous, mais qui se mue un jour en impuissance car comment être prévenue si un jour la maladie ou la mort vous prend votre amant ? "C'est la revanche ultime des légitimes". Un joli petit roman qui m'a accompagné le temps d'une journée de vacances ensoleillée, à prendre comme un moment de détente, car malgré tout le romanesque ressort : c'est un peu idéal tout ça !