Etonnante cette importance qu'avaient prise, au XVII° siècle, les valets de chambre du roi et surtout les "premiers". Surprenante également cette affection de Louis XIV pour la plupart d'entre eux. Ce livre nous comble de détails sur leurs origines, leur ascension, le coût d'aquisition de ces offices, leur mode de transmission, les avantages qu'ils offrent, etc.
Mais alors d'où vient cette lassitude qui apparaît aux deux tiers du livre. Peut être de ce trop-plein d'informations concernant une profession peu exhaltante en soi. Il y a aussi ces salaires, ces émoluments, ces rémunérations, ces gratifications, ces prix des offices, ces lègs, ces évalaluations de fortune ; ça finit par faire beaucoup de chiffres. Et puis, à part six ou sept grand noms qui ont marqué la profession par leurs qualités et leur bonne fortune, ils se ressemblent tous. Ce ne sont pas des aventuriers, des créateurs ou des hommes d'esprit mais, pour la plupart, des hommes du peuple qui essayent de gagner le maximum d'argent pour en faire profiter leurs proches.
Mais ne soyons pas méchant. L'auteur ne le mérite pas. Ce n'est cependant pas un livre léger pour se délasser le temps d'un week-end. C'est du lourd, un truc pour les affamés de Versailles qui en veulent toujours plus. Là, ils seront gâtés. C'est dense, c'est fouillé, c'est du boulot d'universitaire.
Le style reste cependant agréable. Le sujet est traité selon un plan très clair. Les notes, innombrables, sont renvoyées en fin de livre avec les sources et les bibliographies. Aussi et surtout, une liste exhaustive de 181 valets ordinaires, truffée de renseignements. Bref, c'est une somme.