Hubert Reeves troque le temps d'un court livre le masque de l'astrophysicien pour celui du poète et du météphysicien. On devinait déjà dès ses premiers ouvrages une certaine tendance à la métaphysique, tendance pour le moins naturelle lorsqu'un scientifique atteint un tel degré de maturité, dans un domaine qui rattache nécessairement la science à la vie, l'univers, la religion.
Dans cet ouvrage, Hubert Reeves parle comme un sage plus que comme un conteur. Comme si son long parcours scientifique l'avait un moment détaché des réalités humaines, mais seulement pour mieux les comprendre, il n'explique plus (le lecteur aura besoin de quelques bases, facilement puisées dans ses autres livres) mais décrit sa propre vision du monde à travers ses sentiments d'être humain.
Ce repli sur soi est un peu à l'image d'un retour au pays après un long voyage à l'étranger, qui permet aussi de se connaître soi-même grâce à ses différences.
Ecrit à une période difficile de sa vie, la mort est présente dans cet ouvrage, mais comme la prolongation du fil de la vie, une des notions de base de sa propre "religion" d'astrophysicien.