Un matin, tôt, très tôt, avec un pot de thé bien chaud, je me suis installé sur mon canapé, j'ai mis un CD de Martha Argerich, un concert des années 60, et j'ai ouvert les "Lettres à Yves". Des mois après sa parution, en raison du voyage incroyable qu'a fait ce livre depuis que je l'ai acheté, j'ai pu lire les premiers lignes. Et je n'ai pas pu détacher mes yeux de ces lignes jusqu'à la dernière.
Pierre Bergé, une nouvelle fois, avec un style retenu, élégant, juste et dans une langue parfaite, celle des érudits mesurés et discrets (oui je sais, il peut être surprenant d'utiliser cet adjectif pour M. Bergé, mais son érudition est immense et discrète !) nous livre une part mesurée de son intimité.
L'émotion est beaucoup plus présente que le croustillant des révélations intimes, qui au fond, n'ont aucune importance. Ce qui tente la réflexion se situe plutôt dans l'épopée à deux, contre le vent des bonnes gens, sans pour autant jamais faire la révolution, à moins que le plaisir et le sexe en fassent le lit.
A lire, et je me dis que ce sera aussi à relire dans quelques années.