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Lettres persanes [Poche]

Montesquieu
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L'étonnement de deux voyageurs persans est prétexte à une peinture sans tabou de la fin du règne de Louis XIV. Les particularismes du temps, tout comme les faiblesses et les inclinations naturelles de la nature humaine, sont observés d'autant plus attentivement qu'ils le sont d'un point de vue extérieur. Usbek, principal locuteur de ce roman épistolaire où les lettres s'entrecroisent pour créer un écheveau d'impressions et d'intrigues, a quitté Ispahan pour des raisons politiques. Il dirige donc son sérail depuis l'Europe et échange ses impressions avec ses amis demeurés en Perse, avec Rhédi, en voyage d'étude à Venise, puis avec son compagnon de route Rica, qui préfèrera le tumulte de Paris et la curiosité qu'il y suscite au calme de la campagne environnante élue par Usbek. Ce dernier, si lucide quant aux vices du royaume de France, si critique quant aux traditions européennes, se laisse pourtant duper par ses femmes. Les Lettres persanes, première oeuvre de Montesquieu, publiées dans l'anonymat en 1721, connurent un succès retentissant et furent rééditées plusieurs fois au cours du XVIIIe siècle. --Sana Tang-Léopold Wauters --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Description

" Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel : vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres ; si j'étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi ; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille couleurs, qui m'entourait ; si j'étais aux spectacles, je trouvais d'abord cent lorgnettes dressées contre ma figure : enfin jamais homme n'a tant été vu que moi. " --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Détails sur le produit

  • Poche: 187 pages
  • Editeur : Flammarion (20 novembre 1998)
  • Collection : Garnier Flammarion / Etonnants classiques
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2080720953
  • ISBN-13: 978-2080720955
  • Moyenne des commentaires client : 3.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
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19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Il s'agit d'extraits et non du texte intégral, 9 novembre 2009
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres persanes (Broché)
Je n'ai pas été assez vigilante avant d'acheter ce volume. Il s'agit d'une SÉLECTION de lettres et non du texte intégral. Je me permets de faire ce commentaire car j'ai trouvé que ce n'était pas assez clairement indiqué dans l'entête du produit (que je vais devoir racheter).
Sinon, 5 étoiles bien sûr pour les Lettres Persanes elles-mêmes.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Depuis la parution des Lettres persanes..., 16 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres Persanes (Poche)
Depuis la parution des Lettres persanes en 1721, les commentateurs ont eu à c½ur de disséquer les critiques des institutions, des m½urs et des lois de cette société française qui transparaissent ici à travers la plume de Montesquieu. Il est dès lors inutile d'épiloguer longuement sur ce sujet, tant cette man½uvre de l'auteur est palpable.
Il est aussi à remarquer que ce n'est pas seulement cela qui a fait le succès de l'ouvrage dès sa parution. Montesquieu sait doser sa prose de traits d'esprit appréciables et remarquables, et ne tarit pas d'humour lorsqu'il faut se dépecer d'un lourd regard pour porter un ½il neuf sur son environnement.
Bref, à défaut de nous emporter par l'émotion, ce texte est agréable à lire, et a le mérite de nous faire voyager dans deux sociétés antérieures à la nôtre, et nous emmène à suivre les cheminements philosophiques de l'écrivain avec délectation.

Nous avons actuellement l'avantage du temps, ce qui nous permet également de juger les "prophéties" de Montesquieu... et là-dessus, on ne peut qu'être surpris par la justesse de certaines de ses analyses concernant notamment le devenir de l'empire Ottoman et la déchristianisation des peuples.

Il est à noter que cette édition de Paul Vernière mise à jour par Catherine Volpilhac-Auger (Les classiques de poche - Le livre de Poche) contient l'intégralité des lettres et fournit une analyse précieuse des influences de l'auteur.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un classique, 23 juin 2009
Par 
Soulier - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres Persanes (Poche)
Très à la mode dans la littérature du dix-sept et du dix-huitième siècle, le principe consistant à faire parler un « étranger » décrivant les us et coutumes des autochtones d'un pays européen qu'il visitait semblait se faire alors de manière assez courante. L'orientalisme, alors très en vogue, s'invitait donc à être comparé, implicitement, à « l'avancée » occidentale, naturellement idéalisée. On retrouvera les germes d'une vision globale plus politique, consistant à « éduquer » cet orient primitif - et parallèlement à en piller les richesses. L'Algérie française deviendra alors le point culminant de cette amorce civilisationnelle que la vision orientaliste, essentiellement française, après avoir été sincèrement admirative, se cristallisera en un élan ressemblant d'avantage à une croisade qu'à un quelconque « devoir » professoral d'éducation. Le colonialisme naîtra.

Pour revenir au sujet nous intéressant, les Lettres persanes sont un savant mélange de sérieux et de badinage dont semblait raffoler la société de la Régence. Naturellement, à travers la vision tour à tour candide et critique de cet étranger un peu désemparé arrivant en ville, il est intéressant de noter que la satire déguisée de la société de l'époque est également très présente chez Montesquieu. Rabelais, puis Defresny furent les principaux précurseurs de ce genre littéraire, mais c'est Montesquieu qui a semblé en avoir tiré un équilibre structurel loin de toute caricature propre au genre. De ce fait, il est toujours intéressant d'étudier le style de l'auteur à travers quelques exemples :

« [...] Paris est aussi grand qu'Ispahan (aujourd'hui Téhéran) : les maisons y sont si hautes qu'on jugerait qu'elles ne sont habitées que par des astrologues. Tu juges bien qu'une ville bâtie en l'air, qui a six ou sept maisons les uns sur les autres, est extrêmement peuplée ; et que, quand tout le monde est descendu dans la rue, il s'y fait un bel embarras. [...]
On dit que l'homme est un animal sociable. Sur ce pied-là, il me paraît que le Français est plus homme qu'un autre, c'est l'homme par excellence ; car il semble être fait uniquement pour la société. [...] Un d'eux mourut l'autre jour de lassitude, et on mit cette épitaphe sur son tombeau : « c'est ici que repose celui qui ne s'est jamais reposé. Il s'est promené à cinq cent trente enterrements. Il s'est réjoui de la naissance de deux mille six cent quatre-vingts enfants. [...] le chemin qu'il a fait sur le pavé, à neuf mille six cents stades ; celui qu'il a fait dans la campagne, à trente six. [...] Je me tais, voyageur ; car comment pourrais-je achever de te dire ce qu'il a fait et ce qu'il a vu ? ». »

La mode, très présente dans la société française du dix-huitième siècle est également pointée du doigt par la finesse d'esprit - et par l'humour - de l'auteur :

« Je trouve les caprices de la mode, chez les Français, étonnants. Ils ont oublié comment ils étaient habillés cet été ; ils ignorent encore plus comment ils le seront cet hiver ; [...] Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne en revient aussi antique que si elle s'y était oubliée trente ans. Le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l'habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger ; il s'imagine que c'est quelque Américaine qui y représentée, ou que le peintre a voulu exprimer quelqu'une de ses fantaisies.
Quelquefois les coiffures montent insensiblement, et une révolution les fait descendre tout à coup. Il a été un temps que leur hauteur immense mettait le visage d'une femme au milieu d'elle-même ; dans un autre, c'étaient les pieds qui occupaient cette place, les talons faisaient un piédestal qui les tenaient en l'air. »

C'est en 1722, que Montesquieu publia les Lettres persanes. Ce n'est qu'après qu'il voyagera et modèlera ainsi son esprit, ouvrant une voie plus rigoureuse aux autres grands classiques qu'il rédigera dans un tout autre style, les « Considérations » en 1734, et « L'esprit des lois » en 1748.
Mais ici, c'est un Montesquieu alerte, drôle, vif, incisif et diablement fin qui semble se révéler au lecteur, attentif avant tout à la subtilité des mots et à leur traitement.
Parce que les classiques sont faits pour être lus, relus, étudiés, appréciés et non pour être donnés en pâture aux mites ou autre animal parsemants nos intérieurs et ne parvenant toujours pas, pauvre bête, à faire la différence entre un génie tel Montesquieu et un pleutre inutile comme Houelbecq ou Dantec, il serait d'autant plus navrant de se priver de ce véritable chef-d'oeuvre de la littérature française, n'ayant prit, au cour des siècles, que quelques rides faisant opportunément ressortir son charme des plus délicat.
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