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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un classique qui pétille encore,
Par Bati (Argentina) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres philosophiques (Poche)
C'est difficile de parler de ce livre sans parler de son histoire. À la fin de 1725, Voltaire était au comble de la faveur. Il était un poète reconnu, un esprit affilé et un auteur de succès qui avait quelques amis influents à la Cour. Cependant, six moins plus tard il avait été bâtonné, persécuté et mis à la Bastille; un peu plus tard il quitte la France pour l'Angleterre. L'explication de cette abrupte chute est fort simple: Voltaire s'était moqué d'un chevalier et comme toujours son irrévérence lui a coûté cher. En effet, pendant tout sa vie cette situation (du succès ruiné par son manque de respect envers les puissants, suivi par l'exil) se répétera cycliquement.De tout façon, ce voyage « volontaire » et cette humiliation le marquera profondément. Comme lui même le dira, en parlant de Spinoza : «La persécution irrite, elle enhardit quiconque se sent du génie ; elle rend irréconciliable celui que l'indulgence aurait retenu ». C'est peut-être pour cela que quand Voltaire reviens en France en 1728, il est déjà celui qui on connaît aujourd´hui : le champion de la raison, l'ennemi acharné de « l'infâme ». Les Lettres philosophiques, publiées en 1733, sont des rédigés brefs, audacieux et mémorables, visés à répandre en France tout ce que Voltaire avait trouvé d'étonnant en l'Angleterre. Dans ce livre il parle de la religion, de la politique, de la médicine, de la philosophie et de la littérature, toujours en exaltant la tolérance et le bon sens des Anglaises (« un Anglais, comme homme libre, va au Ciel par le chemin qui lui plait ») et en répudiant les « superstitions » qu' il croyait étouffait alors la France. Il souligne l'importance du libre commerce, avec son charme caractéristique: « dans la Bourse de Londres, le juif, le mahométan et le chrétien traitent l'un avec l'autre comme s'ils était de la même religion, et ne donnent le nom d'infidèle q ceux qui font banqueroute » ; « de là s'est formée la grandeur de l'État». Il loue la passion de Shakespeare, puisque le théâtre français en manquait, mais il méprise à la foi son « sauvagerie »; il contraste la lucide philosophie de Locke, Newton et Bacon avec les vieux avis encore soutenus en France; il conseille la vaccin contre la petit vérole; en un mot, il veut être le lumière qui sorte son pays du obscurantisme. Bien sûr, on y pourrait faire quelques objections. Parfois Voltaire dénature la vérité en exagérant la tolérance Anglaise et en traduisant trop librement des morceaux littéraires (qui aurait soupçonné que Hamlet parlait de « prêtres menteurs qui bénissait l'hypocrisie »?); son long attaque contre Pascal, quoique amusant, est forcé et un peu hors de place; ses explications sur Locke et Newton ne sont que superficiels. Mais tout cela peu importe. Presque trois siècles après sa publication, le charme de ce livre n'a pas vieilli. Voltaire reste aussi admirable que toujours: il parlait de son temps, mais il écrivait pour la éternité. Et cela est, je pense, le partage des génies. Il faut ajouter que cette édition est magnifiquement préfacé et annotée par Deloffre. Il y a deux choses remarquables: le « Portrait de M. de Voltaire » par Piron, et une dossier avec quelques esquisses et textes alternatifs. Ce qui étonne est que ces pièces repoussées sont une des meilleurs choses du livre: plus anecdotiques que les lettres définitives, elles incroyablement enrichissent une oeuvre déjà très riche. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
APRES BATI....,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres philosophiques (Poche)
...il est difficile de dire mieux. Je rajouterai juste que le style élégant, fluide, brillant marque d'une pierre blanche le talent de Monsieur Voltaire...On retrouve ce français de grande classe tel que l'écrivait Denis Diderot ("Le paradoxe du comédien"), Vivant Denon ("Point de lendemain"), D'Holbach( "L'art de ramper") ou Choderlos de Laclos ("Les liaisons dangereuses"). Velouté, fin, harmonieux, savoureux comme un verre de "Mission Haut Brion"ou de "Côte-Rôtie", cette langue exalte les papilles neuronales, flatte sensuellement le palais de l'intellect et dure aussi longtemps qu'il est lu. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Parfois en désaccord, mais quel esprit !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres philosophiques (Poche)
"Je ne suis pas d'accord avec vous, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire !" disait Voltaire ; et je dois dire que je suis dans la même situation que lui.Dans ses lettres philosophiques, son anglophilie politique et philosophique se trouve en désaccord avec une conception française (que je préfère) d'une politique colbertiste, d'un roi gouvernant (à la différence du roi anglais qui règne mais ne gouverne pas). Néanmoins, quelle culture, quel esprit et quelle plume. Ces lettres peuvent ce lire indépendamment et l'on est sur d'apprendre quelques choses ou d'approfondir nos connaissances à chaque fois. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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