Mastodon ont le vent en poupe en ce moment, grâce à qui, à quoi ? Difficile de le dire, voir même de le comprendre tant la musique du groupe semblera dense et étrange à beaucoup. Découvert pour ma part il y a quelques mois de cela avec son précédent album « Remission », le groupe m'avait séduit par sa personnalité véritablement marquée, chose de plus en plus rare aujourd'hui. Proposant un mélange inédit (du moins à mes oreilles) de stoner, de plans heavy-metal, d'influences à la Neurosis, parfois même de rock sudiste, voir de jazz dans les délires du batteur, Mastodon naviguent aisément là où d'autres se noieraient. Certains râleront : par rapport à « Remission », la production et les vocaux ont été clarifiés, l'aspect claustrophobe de l'ensemble a donc quelque peu été gommé pour laisser parler une certaine forme de mélodie. Une certaine forme oui... car malgré ce relatif adoucissement, Mastodon reste un groupe de bûcherons, mais un groupe de bûcherons dont la finesse est la force. Sous cette avalanche de riffs gras se cache un réel sens de la composition et de la mélodie, de même que sous ce bordel rythmique se cache une technicité et un placement sans failles. « Leviathan » est en fait un concept album reprenant l'histoire de « Moby dick », une histoire que le groupe met en parallèle avec sa propre histoire. Là où certains quittent femme et famille pour aller tuer une baleine de leur harpon, d'autres les quittent pour conquérir le monde de leurs guitares... c'est tout le mal qu'on leur souhaite.