Il y a déjà eu des films sur le pouvoir et ses ressorts, ses turpitudes, ses côtés obscurs ou cachés (Les marches du pouvoir, Jeux de pouvoir, et les séries tv Les hommes de l'ombre et surtout l'excellente "Borgen"). "L'exercice de l'État" est différent parce qu'il nous montre un ministre et son cabinet dans leur réalité QUOTIDIENNE, ce qui est nouveau.
On voit un ministre des transports (impeccable Olivier Gourmet) réveillé en pleine nuit et obligé de se rendre immédiatement sur les lieux d'un terrible accident de la route. Un ministre qui ne maîtrise pas son emploi du temps, qui ne sait pas que sa fille est partie en vacances depuis 2 jours, qui parle aux médias sous la dictée de son directeur de cabinet (superbe Michel Blanc) et de sa chargée de com' (excellente Zabou Breitman). On voit le maelström incontrôlable et sans fin dans lequel sont entraînés tous ceux qui exercent ce niveau de responsabilités.
C'est là l'intérêt de ce film : nous faire vivre en direct la réalité quotidienne d'un cabinet ministériel et sa « mécanique » de fonctionnement, où l'on réalise que le vrai travail est fait par le directeur de cabinet et la haute administration, et que le ministre sert avant tout à la représentation médiatique, tout en ½uvrant à son ambition. On parle en façade d'intérêt général, de décisions fortes, de transparence, et en coulisse on voit le cynisme, l'égoïsme, les calculs, les man½uvres, les reniements, les trahisons des uns et des autres pour obtenir ou garder la seule chose qui les intéresse : le pouvoir et tous ses attributs gratifiants. (En prime, un son particulièrement soigné, récompensé aux César 2012).