Je connais assez peu les littératures africaines (je dis « les » ne serait-ce que pour la diversité des langues !), aussi j'ai profité des critiques positives de la presse sur ce premier roman d'une nigériane de 25 ans pour m'y intéresser.
Kambili a 15 ans et vit dans une famille aisée avec son frère Jaja. Son père est directeur du seul journal indépendant du pays, mais c'est aussi un catholique rigide et dur qui fait passer sur la religion sa violence envers sa femme et ses enfants. Un coup d'Etat vient secouer la sérénité paternelle, et Kambili va passer quelques jours avec son frère chez sa tante Ifeoma, une « païenne ». Elle découvre la joie de vivre avec ses cousins, la tolérance, l'amour (familial, mais aussi un premier amour impossible avec un prêtre qui semble avoir un faible pour elle). Bref, un roman d'apprentissage où elle va s'ouvrir à la vie, à la liberté et l'autonomie de pensée et d'action. La fin s'intensifie, cruelle, juste ( ?), dure mais bouleversante. L'hibiscus pourpre est un beau premier roman qui mérite le détour. Si l'on a un aperçu de la vie (matérielle et politique) au Nigéria , on peut toutefois regretter que cet aspect ne soit pas davantage creusé, mais le roman est davantage centré sur le personnage de Kambili.
L'auteur s'était déjà essayée auparavant à l'écriture de nouvelles, qui pour le moment ne semblent ni traduites ni publiées en France, à suivre...