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25 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Entre réve et réalité historique, 24 mars 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'hirondelle avant l'orage (Broché)
Pére de Jonathan Littell, Robert Littel, maitre contemporain du roman d'espionnage, n'a rien a envier au talent de conteur d'histoire dramatique de son fils. Il s'agit dans ce roman de l'histoire du poète Ossip Mandelstam qui, dans une Russie soumise à la terreur stalinienne et au péril de sa liberté, de son art et même de sa vie, compose un violent réquisitoire contre le maître du Kremlin, qui circulera clandestinement jusqu'à ce que Staline en apprenne l'existence. Alternant les voix du poète et de ses proches - sa femme, ses amis-, L'Hirondelle avant l'orage raconte le douloureux périple de Mandelstam qui subira arrestation, torture et exil, pour avoir osé dire sa vérité. Entremêlant fiction et Histoire, comme le grand poète russe, l'auteur nous offre ici une méditation d'une force rare sur l'artiste face au pouvoir. À travers le récit de l'étrange fascination entre le poète et le dictateur, ce roman rend hommage à l'incroyable acte de défi de Mandelstam et explore toute la complexité de l'engagement de l'écrivain.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un peu de fraicheur dans une époque de brutes, 4 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'hirondelle avant l'orage (Broché)
Riche en anecdotes historiques et incroyablement documenté, L'hirondelle avant l'orage est un roman intelligent où tout est maitrisé : le style, le rythme et l'histoire. On ne peut que s'émerveiller devant les connaissances et le talent de conteur de Robert Littell. Il réussit la prouesse étonnante de nous faire plonger avec délice dans les heures les plus sombres de l'union soviétique. L'hirondelle avant l'orage est également un roman polyphonique où les « voix » choisies (inventées) par l'auteur pour raconter leur version de l'histoire insufflent un supplément d'âme au récit. Mention spéciale pour l'haltérophile naïf qui apporte un peu de fraicheur dans cette époque de brutes. Ce roman est à la fois un formidable outil de vulgarisation et de réflexion profonde sur l'horreur du régime stalinien. Petit bémol cependant pour les longueurs qui émaillent certains chapitres, notamment lorsque le poète est en mal d'inspiration.
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7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
pas passionnant, 20 avril 2009
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C'est en février 1934, dans la datcha de Gorki en Crimée, lors d'un banquet d'écrivains, que Staline imposa le réalisme socialiste. Empêché depuis un temps de publier, Ossip Mandelstam commençait alors à lire autour de lui un poème assassin contre le dictateur-un suicide par procuration, au dire de ses amis, dont Boris Pasternak et Anna Akhmatova. Aimant lire, ayant même signé des poèmes en Géorgie, comme Sebag Montefiore l'a montré dans sa récente biographie ( Le Point n° 1878), Staline se laissa pourtant convaincre par Pasternak que l'Histoire donnait d'habitude raison aux poètes et se contenta de reléguer le frondeur hors de Moscou. Rongé par l'exil, la dépression et la folie, Mandelstam finira pour rentrer en grâce par pondre une ode au tyran que ce dernier prendra cette fois très mal-trop médiocre dans la flatterie : ce sera la déportation à la Kolyma puis la mort par les poux (typhus), en 1938. C'est un sujet en or que traite là le père de Jonathan Littell en faisant parler tour à tour la femme du poète, le garde du corps de Staline, la courageuse Akhmatova et un athlète de cirque. Mais il peine à donner à ce roman choral toute son ampleur dans les cent premières pages. Les personnages nous expliquent la réalité soviétique autant qu'ils la vivent ; Staline lui-même se sent obligé de raconter la signification de son pseudonyme aux écrivains que Gorki a réunis, quand toute l'URSS se savait dirigée par un « homme d'acier », comme si l'auteur craignait en permanence de perdre son lecteur. Ce dossier romancé, qui ne prend qu'à mi-chemin, dans la tristesse d'une relégation glacée, avant de s'épanouir dans l'horreur d'une déportation mortelle.
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