Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés inspirés de produits similaires(De quoi s'agit-il ?)Soyez le premier à ajouter un mot-clé pertinent (fortement associé à ce produit)
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Quel art contemporain ?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'hiver de la culture (Broché)
Voici un livre de 140 pages qui enchantent les yeux et l'esprit. Et qui rassure. Non, nous ne sommes pas totalement fous ou abrutis de ressentir un sentiment d'imposture, et plus encore de postures, devant nombre d'expositions d'art contemporain, mais aussi devant les foules qui s'entassent au musée, et défilent, l'appareil photo au cou, devant des oeuvres qu'elles ne comprennent pas, dont elles ne saisissent rien.Quelle histoire veut-on nous conter ? Quels moments du monde se déroulent sous nos yeux ébahis ? Quel passé s'étale pitoyablement dans l'étron que l'on expose à nos curiosités les plus basses ? Rien, nada. Le vide absolu, la fin de tout. "L'oeuvre, comme excrément, n'est que matière : sans vie, sans force, ni forme." Jacques Derrida) Aux fins, toujours pavées de bonnes intentions, de permettre aux masses (de plus en plus) ignares que nous sommes, de se "cultiver", on a démocratisé à tour de bras les lieux, et pour ce faire, on a bétonné l'art comme on bétonne à tour de bras les entrées de villes. Jean Clair fait preuve d'une pertinence rare quand il met en relation ces foules innombrables patientant aux entrées des musées, attendant des heures le privilège incertain de franchir le seuil de ces garde-meubles précieux" avec "la désertion, la disgrâce, le dégoût que semblent provoquer ces autres lieux du savoir que sont les écoles, les collèges, les lycées, orgueil de la Troisième République..." Mais encore, au chapitre "Les abattoirs culturels" : "Les foules qui se pressent en ces lieux, faites de gens solitaires qu'aucune croyance commune, ni religieuse ni sociale ni politique, ne réunit plus guère, ont trouvé dans le culte de l'art leur dernière aventure collective." On peut faire confiance à Jean Clair, conservateur général du patrimoine, historien de l'art, ancien directeur du musée Picasso, pour savoir de quoi (et de qui) il parle lorsqu'il évoque certains "artistes" contemporains, plus proches du trader que du peintre ou du sculpteur. La mutation s'est faite, selon lui, "à l'occasion des transformations d'un marché d'art qui, autrefois réglé par un jeu subtil de connaisseurs, directeurs de galeries d'une part et connaisseurs de l'autre, est de nos jours, un mécanisme de haute spéculation financière entre ou trois maisons de vente et un petit public de nouveaux riches". Après les dernières pages de ce livre fort intéressant, on se dit que si Jean Clair est actuellement taxé de conservateur et réactionnaire, on se sent plutôt bien d'être traité, nous aussi, de la sorte par les bouffons qui veulent nous présenter leur jus d'étron comme le nouveau pigment à applaudir, et surtout à acheter. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'heure du cloître est revenue,
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'hiver de la culture (Broché)
Très beau livre. Pas assez systématique sans doute mais on y trouvera des passages poignants et un souffle réel. Jean Clair ne prend pas de gants, n'esquive pas , appelle un chat un chat. Il sait, il voit, il nomme.C'est bien . Le projet du cloître pour saint Bernard , comme Duby l'a montré, était de créer un lieu où vivre dans un monde devenu inhabitable ( " non il n'y a rien d'autre ici que la maison de Dieu et la porte du ciel"). A l'heure de l'hiver glacé de la culture le temps du cloître est revenu. C'est du moins la conclusion que je tire de la lecture de cet ouvrage sans concession. Je n'en vois pas d'autres possibles. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
exacte description des symptômes, mais quel diagnostic et quel traitement?,
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'hiver de la culture (Broché)
Jean Clair se livre ici à un réquisitoire contre le monde de l'art contemporain, ses impostures et ses fumisteries, son bluff souvent provocateur et insolent, ses ressorts financiers et publicitaires. Musées, galeries, maisons de vente etc. sont étrillés par cet éminent spécialiste qui évidemment peut se prévaloir de sa connaissance des rouages de ces milieux, ayant lui-même été conservateur notamment au centre Georges Pompidou (Beaubourg) et au musée Picasso. Il y a beaucoup de vrai dans tout cela et le public agacé, scandalisé ou hermétique pourra s'offrir un plaisir masochiste en lisant cette litanie déprimante et en grande partie fondée, émaillée d'anecdotes qui seraient amusantes si elles n'étaient tragiques. Le public d'ailleurs, inculte, ignorant, indifférent, ne mérite pas davantage d'éloges. Ceci constitue un catalogue de symptômes de malaises de notre société dans sa dimension culturelle. Malheureusement, ce qui n'aurait dû être qu'une première partie (et elle mérite d'être lue) n'est pas suivi d'un diagnostic et encore moins d'une proposition de traitement. Le constat est déprimant: notre culture est malade, l'art est malade, mais que faudrait-il donc faire pour qu'après l'hiver de la culture vienne un printemps? Bien que partageant une grande partie des remarques de l'auteur, j'y vois plusieurs dangers. D'abord celui d'entretenir une déprime qui ne débouche sur rien: à l'écouter, l'art serait mort, la culture serait morte, nous n'aurions plus qu'à disparaître. D'ailleurs nous sommes peut-être déjà morts sans le savoir. Ensuite, de fournir une justification trop facile à la vision petite bourgeoise qui, de tous temps imperméable à l'art, n'a jamais admis qu'un art pour elle "légitime" c'est à dire figé selon les formes convenues et rassurantes des époques précédentes, dût-elle se contenter de copies stéréotypées. A toutes les époques, les créateurs audacieux ont été incompris sauf par quelques grands mécènes ou marchands visionnaires (les impressionnistes, Picasso à ses débuts, Modigliani, mais on en citerait bien davantage aux époques antérieures sans compter écrivains et musiciens). Je trouve à la fois savoureux et triste à en pleurer que dans les commentaires de lecteurs des journaux à la sortie de ce livre il s'en soit trouvé de nombreux pour dire, pour les uns, "c'est la faute à la gôche", pour les autres, "c'est la faute à Sarko". Ne fournissons pas d'arguments supplémentaires à tous les Bouvard et Pécuchet, la nullité d'une grande partie de la production contemporaine ne leur en fournit déjà que trop.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
Commentaires client les plus récents |
|
|
|