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Dans ce qu'il appelle lui-même son "roman historique", Freud répond indirectement à l'antisémitisme de son temps. En inventant au peuple juif une origine déicide, il lui prête sa propre irréligiosité, et il s'identifie à lui. Les Juifs et les psychanalystes seraient haïs pour les mêmes raisons : ils ont osé tuer le père. --Emilio Balturi
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Commentaires client les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Maladroit par moment mais néanmoins intéressant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme Moïse et la religion monothéiste (Poche)
Et si Moïse était Egyptien ? Voilà la thèse de Freud dans ce livre passionnant qui offre une relecture de la naissance du monothéisme. Très inspiré, Freud se livre à un travail d'herméneute d'une grande intelligence (il a en effet l'idée de la Tradition primordiale derrière chaque religion) même si le psychanalyste ne peut s'empêcher de voir dans le livre de l'Exode un mensonge fabriqué par le clergé juif, dans Moïse la somme de deux personnages et qui plus est dont le premier aurait été assassiné par le peuple qu'il s'était donné. Au-delà de la polémique que peut susciter de telles réflexions, on s'amusera à voir que Freud refuse de reconnaître la pertinence du concept d'Inconscient collectif de Jung alors même qu'il réalise qu'il a en a besoin pour justifier ses théories !Freud dégage ainsi l'idée que l'Histoire s'est inscrite dans la vie des peuples et que ces derniers ne peuvent pas la refouler indéfiniment : la vérité historique finit par se réveiller. Et lui qui considérait la religion comme une vulgaire névrose doit finalement reconnaître qu'il s'est trompé : la religion est la trace mnésique de la Tradition dont elle a perdu le vrai message et dont elle ne garde qu'un reliquat qui, malgré tout, ne ment pas. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
« Une investigation historico-psychologique »,
Par J-michel Tartayre (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme Moïse et la religion monothéiste (Poche)
Trois grandes parties composent cette oeuvre de Sigmund Freud, intitulées respectivement « Moïse, un égyptien », « Si Moïse fut un égyptien... » et « Moïse, son peuple et la religion monothéiste », dans lesquelles l'auteur s'est attaché à apporter un éclairage sur les origines du monothéisme et de la religion juive en dressant un portrait de Moïse qui se fonde à la fois sur les résultats des nombreux travaux d'exégèse de Freud et sur ceux de son expérience d'analyste dont l'autorité n'est plus mise en doute et demeure reconnue internationalement.En premier lieu, l'auteur revient notamment sur la naissance du père fondateur du judaïsme et se penche sur la signification de son nom au moyen d'un savant développement d'ordre onomastique (« La première chose qui retient notre intérêt dans la personne de Moïse c'est son nom, Moché en hébreu. On est en droit de demander : d'où vient ce nom ? Que signifie-t-il ? »). Dans un second mouvement, il structure son discours sur la base d'un postulat qui confère à Moïse une identité égyptienne, déjà abordé précédemment (« Il a été relevé depuis longtemps que son nom provient du fonds linguistique égyptien [...] j'ai ajouté que l'interprétation du mythe de l'exposition qui se rattache à Moïse obligeait à conclure qu'il avait été un Égyptien que tout un peuple sentit la nécessité de transformer en Juif. ») Enfin, Freud approfondit la notion de monothéisme par le biais d'une approche historique qui couvre une vaste période partant du totémisme, religion primitive, jusqu'à la religion chrétienne, en laquelle il reconnaît l'héritière directe du judaïsme, dans le cadre d'une filiation logique. D'un point de vue psychanalytique, l'auteur associe le fait religieux à la symbolique du meurtre du père et de sa reconnaissance ainsi qu'au développement, à l'enrichissement du surmoi, défini comme l'instance psychique qui, à l'instar des parents puis de la société, participe de l'éducation de l'individu et, par là même, du renoncement aux pulsions (« Le totémisme, la première forme de religion que nous connaissions, apporte avec lui une série de commandements et d'interdictions qui font partie intégrante du système ; ceux-ci ne signifient rien d'autre que des renoncements aux pulsions [...] Ce qui est nommé "gentil" ou "méchant" dans le langage enfantin sera appelé plus tard, lorsque la société et le surmoi auront pris la place des parents, "bon" et "mauvais", vertueux ou vicieux, mais il s'agit toujours de la même chose, du renoncement aux pulsions sous la pression de l'autorité qui remplace et prolonge le père. ») Marie Moscovici, préfacière de l'oeuvre, corrobore l'interprétation psychanalytique de Freud en considérant que dans « L'homme Moïse » on note la « reconnaissance d'une paternité qui peut être dite "symbolique", si cela veut dire humaine, cette fois, et non pas sacrée ; qui admet la transmission au fils du nom du père et qui, s'arrachant chaque fois à l'emprise de la sensorialité, n'abolit justement pas les sources inconscientes, sexuelles au sens de la psychanalyse, dont elle est issue. Passage de la "pensée" par les règles du fonctionnement sexuel de l'appareil psychique, dont sa notion sort transformée. » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Jubilatoire,
Par Gauthier Daniel "auteur de "Retour à Ausc... (Versailles) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 1000 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme Moïse et la religion monothéiste (Poche)
Il s'agit d'une suite de trois essais (certes parfois répétitifs, mais tellement brillants...) écrits par Freud à la fin de sa vie, d'une écriture totalement libérée.L'hypothèse (fortement argumentée) du génial Sigmund : Moïse était un noble égyptien, membre de la cour d'Akhénaton (le premier tenant du monothéisme), devenu leader d'une tribu juive en exil, qui lui imposera cette nouvelle religion et la ramenera en Israël - pour finir assassiné par des membres de la communauté lassés de ses excès. Communauté qui refondera le monothéisme sur la base de la religion originelle de Moïse - avec un fort sentiment de culpabilité. J'ai adoré ce petit livre, très éloigné des écrits habituels de Freud, qui m'a rappelé l'excellentissime "Malaise dans la culture". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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