juillet 1927, Albert Londres se rend au Brésil sur les traces d'Eugène Dieudonné, forçat évadé du bagne de Cayenne que l'on avait longtemps cru mort, avant que des rumeurs persistantes ne le découvrent bien vivant, refugié dans l'Etat de Para...
Le journaliste l'avait rencontré en 1923, alors que Dieudonné était interné sur les Iles du Salut, suite à une seconde tentative d'évasion. Il lui avait alors raconté son histoire. Ouvrier ébéniste à Paris, libre penseur, Dieudonné fréquentait les cercles anarchistes où il rencontrait régulièrement les membres de la bande à Bonnot. Accusé à tort, sur la foi d'un simple témoignage, du meurtre de la rue Ordener (qui sera plus tard attribué à Garnier), il est condamné à mort en 1913, puis grâcié, sa peine est commuée en travaux forcés à perpetuité au bagne de Cayenne....
L'affaire agite les consciences, beaucoup le croient innocent, lui même l'a toujours proclamée et en 1926 son dossier est rouvert par la chancellerie, sa grâce est demandée, soutenue par le commandant du camp et le gouverneur de Guyane. Elle est refusée....13 ans de bagne pour rien et cela va continuer...C'en est trop ! Dieudonné décide une troisième fois de s'évader et cette fois sera la bonne !
Albert Londres le retrouve, l'année suivante, au Brésil où Dieudonné lui raconte les détails de son extraordinaire évasion...
Suite à ces retrouvailles, le grand reporter, appuyé par son journal et un comité de soutien, entamera les démarches necessaires pour qu'enfin son innocence soit proclamée et qu'ainsi l'honneur lui soit rendu. Ils feront un retour triomphal en France en octobre 1927. Dieudonné reprendra, à 43 ans, son métier d'artisan ebeniste et sa vie là où il les avait laissés 15 ans plus tôt....
Un livre sur le courage d'un homme et le déshonneur de la justice. Eugène Dieudonné racontera également son expérience de bagnard dans un livre
La vie des Forçats