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Ce livre révolté n'est cependant pas révolutionnaire. S'inspirant largement des analyses de Hannah Arendt qui annonçait déjà les dangers liés au dépérissement du politique, devenu l'instrument privilégié de l'ordre économique existant, l'auteur appelle de ses voeux un renouveau du débat démocratique. L'intérêt essentiel de ce best-seller, écrit avec talent et conviction, est de révéler l'ampleur du désastre humain induit par la démission des élites et l'apathie du citoyen.
Déploration vaine ou coup de colère salutaire, cet ouvrage s'inscrit résolument dans la tradition humaniste, stigmatisant la paresse et la lâcheté qui pérennisent l'injustice. Toute la question est de savoir si Viviane Forrester, après avoir été entendue, a des chances d'être écoutée. --Paul Klein
L'Expansion
Une affirmation qui mériterait d'être au moins clarifiée, et dont, surtout, on aimerait voir tirer les conséquences. Faut-il dépasser nos conceptions traditionnelles, cesser d'assimiler chômage et exclusion, désacraliser le travail et trouver de nouvelles formes d'utilité sociale? Ou bien revenir en arrière, tourner le dos à l'économie mondialisée et au développement de la finance, qui seraient la source du malheur moderne?
Le livre exprime une réaction vengeresse contre l'économisme ambiant, mais en reste au stade de l'objurgation lyrique, sans ébaucher de voie d'avenir. --Gérard Moatti--
L'Entreprise
"La honte devrait être cotée en Bourse car elle est un élément du profit." Romancière et spécialiste de la littérature américaine, Viviane Forrester livre ici un essai dérangeant sur les impostures du discours ambiant. "Les gouvernants, explique-t-elle, essaient de rafistoler l'ère industrielle alors que l'économie est entrée dans l'ère virtuelle."
Conséquence: la création de richesses ne recèle plus des trésors d'emplois; l'extinction du travail n'est pas une simple éclipse; et la ma- jorité des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et le pouvoir. Après l'exploitation, l'exclusion. Et après? L'élimination?
L'auteur redécouvre qu'au-delà de l'exploitation il est encore pire de ne plus être exploité du tout. Certains souriront devant ce réquisitoire prononcé par une béotienne de l'économie. Mais à tort. S'il n'apporte aucune solution, cet ouvrage polémique réveille le sens critique. Les responsables d'entreprise y trouveront l'écho d'indignations ressenties dans d'autres couches de la population. --Etienne Gless--