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Deux universitaires américains se voient accorder un congé d'études à Londres par leur faculté d'origine. Le premier, Fred Turner, surprend par sa beauté et sa jeunesse ; il aborde l'Angleterre plein d'amertume, blessé par l'échec de son mariage ; sa collègue, Vinnie Miner, ne lui ressemble en rien : vieille, petite, laide, revêche, elle est aussi une amoureuse inconditionnelle du pays de Shakespeare, dont elle maîtrise parfaitement tous les codes. Tous deux tireront pourtant le même bénéfice de leur séjour : une meilleure connaissance de soi et des autres, au terme d'un parcours qui leur aura appris à traverser les apparences, à démasquer l'hypocrisie et à dépasser leur complexe d'infériorité (ou de supériorité). Ils croiseront en route toute une galerie de personnages, qui sont autant d'occasions pour l'auteur d'exercer sa plume ironique et de prouver ses talents en matière d'analyse psychologique. Son style élégant et les thèmes qu'elle traite rappellent indubitablement les ouvrages d'Henry James. Ce roman a obtenu le prix Pullitzer en 1985. Alison Lurie est également l'auteur de La Vérité sur Lorin Jones. --Nathalie Gouiffès
Quatrième de couverture
Liaisons étrangères est sans doute le plus anglais des romans américains parus ces dernières années et offre un exemple de ce que la littérature américaine a produit de meilleur dans l'ironie mais aussi dans la dérision des analyses psychologiques. Et peut-être le fou rire que déclenche le dernier roman d'Alison Lurie est-il dû à l'ambiguïté des attitudes américaines vis-à-vis de l'Angleterre. Connivence feinte, hypocrisie, fascination réciproque ou rejet mutuel, complexe d'infériorité ou de supériorité : tous ces sentiments conflictuels ne cessent de se croiser dans l'esprit des deux personnages principaux qui prolongent dans ce livre l'expérience d'expatriation des héros de Henry James. Mais cette fois-ci les expatriés américains réfugiés à Londres ne sont pas les voyageurs fortunés de James : Vinnie Miner, inoubliable de drôlerie et de véracité, et Fred Turner, deux professeurs issus des collèges de la Nouvelle-Angleterre, réalisent enfin leur rêve anglophile loin de la " barbarie " américaine, dès lors que leur université d'origine, Corinth, leur accorde un congé d'études à Londres. Et à côté de ces deux protagonistes et de leurs rencontres imprévues, Londres devient une sorte de personnage subtilement décortiqué par l'oeil cruel et ironique de l'auteur. L'humour ravageur d'Alison Lurie, qui lui vaut l'admiration des plus grands romanciers anglo-saxons, appartient à la tradition européenne de la littérature américaine et de ces " visages pâles " du roman américain que furent Henry James et Edith Wharton. C'est un humour où la satire des situations est toujours tempérée par l'intelligence contradictoire des émotions. Il n'est pas étonnant qu'un tel " cocktail " ait déjà fait de ce livre un classique. Prix Pulitzer 1985.

