Ouh, qu'il est cracra cet album. A chaque fois que je l'écoute, je me sens sale. Autant, quand j'écoute
DAF, j'ai envie de me laver, parce que leur musique m'envoûte au point de me faire faire des séries de pompes claquées en boxer et que je transpire beaucoup, mais avec Liaisons Dangereuses, je ressens le besoin de me purifier, d'expier tout ce que j'ai entendu. C'est quoi le rapport avec DAF ? Ben, Chris Haas, un des membres de Liaisons Dangereuses est un transfuge de DAF. Et d'autre part, on retrouve pas mal la DAF-touch, c'est à dire des lignes de basse et des rythmes proto-EBM assez basiques. Sauf que chez Liaisons Dangereuses, tout est plus sale ; ça part souvent en dissonances, on a l'impression que l'album a été enregistré dans un bunker-squat-backroom, bref un endroit un peu glauque où le son se reverbère de façon inquiétante. Mais là où Liaisons Dangereuses devient vraiment inquiétant, c'est avec les paroles et le chant, car si chez DAF on avait le côté gay et fascisant qui relevait d'un choix esthétique, ici c'est simplement très glauque. Le chanteur Krishna Goineau raconte (en français et en espagnol) des histoires gorgées de sexualité ambiguë, des voix distordues ou éloignées se superposent, des cris, des gloussements malsains viennent hanter l'album... Et ce aussi bien sur les titres "dancefloor" "Los niños en el parque" et "Etre assis ou danser" (vraiment excellents) que sur le summum du crasseux, "Apéritif de la mort", sur lequel le chanteur récite un texte sordide sur un sourd battement de coeur et ce qui ressemble au bruit d'une barre de fer rouillée qu'on frotterait contre les barreaux d'un hôpital psychiatrique désaffecté. Ou au bruit d'une scie circulaire rouillée tournant hors de son axe dans une zone industrielle éclairée par la lumière jaunâtre des réverbères qui clignotent... Mmmh, je m'égare, là, et pas dans les lieux les plus accueillants, en plus... Bref, quand je lis les autres commentaires et que je vois des noms comme Front 242, Miss Kittin & The Hacker ou Fad Gadget, je comprends la filiation, mais aucun de ces groupes n'atteint pour moi le niveau de vice qui transpire de tous les sillons de cet album. Sur ce, je vais prendre une douche... et faire mes ablutions... et me rincer à l'eau de javel...