Futuribles
Cet ouvrage est le résultat de l'analyse approfondie d'un aspect trop souvent ignoré de la pensée de Tocqueville, à savoir sa réflexion économique et sociale sur un thème crucial au XIXe siècle : le paupérisme. Selon Éric Keslassy, lorsqu'on étudie cet aspect de la pensée du philosophe, on constate qu'il n'était pas aussi libéral que certains le prétendent : "c'est un libéral politique qui, sur le plan économique, se positionne à égale distance du libéralisme économique et du socialisme étatique". De ce point de vue, il ouvre la possibilité d'une troisième voie, plutôt proche de celle mise en avant par le Labour Party britannique ces dernières années.
Ainsi, après avoir remis en perspective la question sociale du XIXe siècle et les origines et manifestations du paupérisme, Éric Keslassy se penche sur les écrits de Tocqueville et leurs fondements intellectuels en la matière. En particulier, il montre comment, dans le contexte des événements de 1848 en France, Tocqueville a développé une théorie rejetant le socialisme et réfutant le libéralisme économique, dont le but principal est d'obtenir une stabilité politique et sociale, à partir d'un État régulateur mais non producteur. Stéphanie Debruyne
Quatrième de couverture
En dépit de nombreux commentaires et interprétations, l'oeuvre de Tocqueville (1805-1859) peut encore s'envisager d'une façon originale. En utilisant à la fois des ouvrages très célèbres, des écrits inédits et des textes méconnus, Eric Keslassy propose d'examiner un aspect essentiel et, pourtant, presque jamais évoqué de la pensée de Tocqueville. Il s'agit de sa réflexion économique et sociale sur un thème majeur de son temps : le paupérisme. L'étude de ses écrits sur la pauvreté de masse liée à l'industrialisation du XIXe siècle est d'autant plus nécessaire qu'elle introduit des nuances dans son libéralisme. Tocqueville est un libéral politique qui sur le plan économique se positionne à égale distance du libéralisme économique et du socialisme étatique. Les commentateurs de l'auteur de De la Démocratie en Amérique, en écartant une telle conclusion, négligent une partie conséquente de ses idées. Dès lors, les penseurs libéraux exploitent cette attitude pour caricaturer les positions économiques et sociales de Tocqueville. Ils cherchent à y trouver les arguments d'un plaidoyer pour le libéralisme économique ou ceux d'une critique du socialisme. Se contentant alors d'une lecture sélective et idéologique, ils occultent le fait que l'oeuvre de Tocqueville ouvre la possibilité d'une " troisième voie "...