Essentiel, pour qui comme Monsieur Badinter a été élevé dans les idéaux du caractère majeur de la Nation, de la langue française, des valeurs établies, difficilement, par une Révolution qui fit trembler l'Europe.
On en est loin, aujourd'hui, : langues d'orignes pratiquées à l'exclusion d'autres dans l'espace familial, uniformes religieux de tout bord dans l'espace public, repli comunautaire jusque dans le commerce ou le registre de l'offre et la demande de travail. Je ne parle pas du renouveau de la haine non pas "raciale" comme on dit, mais simplement fondée sur des différences de culture ou de foi.
C'était, à mon avis un beau projet, auquel je dois ce que suis, ce que la République des années 1950 à 1970 m'a permis de devenir, nonobstant décolonisation dont je suis, en parti, issu, et résonance de l'holocauste qui emplit mon enfance de terreur. Mais on croyait en l'école républicaine, et elle avait les moyens de nous faire croire en elle. Alors, le plafond de verre, bien sûr, mais n'était ce pas une raison à chercher à en repousser les limites ? Plutôt que développer les revendicatiosn identitaires visibles dès les années 1980 (les ressacs du premier choc pétrolier ? mais c'est sans doute bien plus complexe).
Alors, l'exacerbération comunautaire et le Nationalisme hargneux, ne sont ils pas les deux faces d'un même excès ?
Merci à Robert Badinter de nous rappeler les débats et les conditions problématiques d'une égalité légale qui, toute communautés confondues, et quelque soient leurs spécifités, m'apparait, plus que, jamais d'une actualité urgente. Quelque soint les devenirs et des conditions apparues ultérieurement, je suis de ceux qui considèrent qu'une bonne connaissance des origines et notamment de celles qui permîmes, aux membres d'une minorité religieuse, d'être "citoyens libres et égaux" est un fondement incontournable pour la suite. Citoyen ! "C'est un sacré joli nom, camarade ! "