(...)Emballé par cet album à sa sortie, j'ai bien sûr écouté les autres - plus un concert en mars 2007, au coeur du Méné breton. Ce troisième album reste mon préféré, bien que l'on prenne beaucoup de plaisir avec les autres. Sans doute parce qu'il contient plus de perles : "Rapture" avant tout, mais aussi "Ether sings", "Shadow Blues" et autres "Snow Camping". A quoi tient le miracle ? A mon avis à une collaboration. Certes la miss a du talent - notamment d'écriture - et de la présence. Mais l'écoute des albums dans leur chronologie montre assez qu'elle a trouvé en Tucker Martine un arrangeur qui est à l'origine des trouvailles orchestrales de ce qui aurait pu rester à l'état de chansonnettes aux mélodies originales, certes, mais assez classiquement "folk".
Ce type est un batteur, arrangeur, producteur, bidouilleur, qui fréquente tout le gratin de la musique d'avant-garde de Seattle : le keyboardist-toucheàtout wayne Horwitz, le violoniste compositeur Eyvind Kang, Bill Frisell, le batteur compositeur New-yorkais Bobby Previte, et j'arrête là une liste impressionnante.
Il mitonne des écrins improbables, avec sonorités venues d'ailleurs et mise en place qui échappe aux archétypes chansonnesques.
Sans son apport, l'oeuvre de Miss Veirs aurait atteint les sommets déjà fort honorables du Mont Rainier. Mais avec cet album-là, elle décroche la lune. Les 5 étoiles ne suffisent pas.
Allez-y, je vous le rachète au besoin.