Faire rire de la bible est un exercice périlleux que les Monty Pythons réussisent brillamment avec "la vie de Brian". Le personnage principal se nomme Brian Cohen; il est né le même jour que Jésus, au même endroit et il est mort de la même façon au même moment. En fait, le film ne porte pas uniquement sur la religion; il tourne également en dérision les groupuscules révolutionnaires dont la transposition anachronique au premier siécle fournit la matière à des scénes particulièrement cocasses.
Il faut souligner l'efficacité comique du film: on ne cesse de rire à gorge déployée du début jusqu'à la fin. "La vie de Brian" est reconnu à juste titre comme l'un des deux chef d'oeuvres des comiques anglais, l'autre étant "Sacré graal". La plupart des personnages sont joués par les six membres de l'équipe qui endossent ainsi plusieurs rôles (Terry Jones, Terry Gilliam, Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle et Michael Palin). Bref, c'est un pur régal.
On peut également apprécier "la vie de Brian" comme un conte philosophique pessimiste et jovial. Je pense par exemple à cette scène dans laquelle un personnage masculin informe ses compagnons qu'il souhaite dorénavant qu'on l'appelle Loreta et qu'il désire un enfant. Le chef du groupuscule révolutionnaire lui répond que c'est physiquement impossible. La belle Judith lui rétorque alors que même s'il ne peut pas avoir d'enfant il a le droit de vouloir en faire un et que le groupe va lutter pour ce droit. On reconnait ici le discours selon lequel la levée des interdits suffirait à donner une "puissance d'agir" aux individus, comme si nous devions notre malheur à un dieu ou un état qui nous empécherait d'être nous-mêmes.