György Ligeti est né en 1923 à Diciosânmartin (Târnãveni), Roumanie. Initialement formé au conservatoire de Cluj/Kolozsvàr en Transylvanie, Ligeti dut interrompre ses études en 1943, à la suite des mesures antisémites prises en Hongrie par le régime fasciste du régent Horthy. Après la Seconde Guerre mondiale, il étudia la musique et la composition à l'Académie Franz Liszt de Budapest, avant de se réfugier à Vienne après l'insurrection anticommuniste de 1956. Il contacta alors Karlheinz Stockhausen (1928-2007), qui accepta de l'intégrer à son studio de Cologne. Il s'installa à Vienne en 1959, et obtint la nationalité autrichienne en 1967. Par la suite, il enseigna à Darmstadt ainsi qu'à Stockholm, et devint titulaire d'une chaire de composition au Conservatoire de Hambourg en 1973. György Ligeti, l'un des compositeurs majeurs de la seconde partie du vingtième siècle, fut initialement, tout comme Krzysztof Penderecki (né en 1933), très mal compris ; souvent alors classé à tort parmi les compositeurs de l'école néo-avantgardiste alors très à la mode, en particulier en Allemagne et en France, en partie à cause de son « Poème symphonique pour 100 métronomes », canular notamment inspiré par les facéties de John Cage (1912-1992) et qui créa un formidable « scandale » lors de sa « création » à Hilversum, aux Pays-Bas, en 1963, Ligeti avait en réalité presque immédiatement pris ses distance vis-à-vis du sérialisme, et se révéla rapidement être en réalité, non pas l'un des derniers représentants d'un académisme devenu sclérosé et de plus en plus stérile, mais, à l'instar de Penderecki, un formidable innovateur, un créateur authentique, ces deux compositeurs étant à la source, à la fois de la révolution musicale qui se produisit aux Etats-Unis vers la fin des années 1960 avec La Monte Young (né en 1935), Terry Riley (né en 1935), Steve Reich (né en 1936) ou Philip Glass (né en 1937), puis de celle qui se produisit dans les pays bordants la Baltique dans le courant des années 1970 avec Henryk Górecki (né en 1933), Alfred Schnittke (1934-1998), Arvo Pärt (né en 1935), Peteris Vasks (né en 1946) ou Erkki-Sven Tüür (né en 1959), et qui aboutirent au renouvellement complet du langage musical que nous avons par exemple connu en France à partir des années 1980 avec Gérard Grisey (1946-1998), Jean-Louis Florentz (1947-2004), Philippe Hersant (né en 1948), Marc-André Dalbavie (né en 1961), Thierry Escaich (né en 1965), Éric Tanguy (né en 1968), ou bien encore Karol Beffa (né en 1973), pour ne citer que les plus connus. György Ligeti est mort en 2006 à Vienne.
Parmi ses oeuvres majeures, on peut noter les trois livres d'« Études pour piano », « Continuum » pour clavecin, une Sonate pour alto seul, « Volumina » et « Coulée » pour orgue, « Trois pièces » - « Monument », « Selbstportrait » et « Bewegung » - pour deux pianos, le Trio pour violon, cor et piano, deux Quatuors à cordes, les « Six Bagatelles » pour quintette à vent, « Glissandi » et « Artikulation » pour moyens électroacoustiques, « Ramifications » pour double orchestre à cordes, « Lontano » pour orchestre de cordes et de vents, un « Concerto de chambre », « Melodien » pour orchestre de chambre, un Concerto pour piano, un Concerto pour violoncelle, le « Hamburger Konzert » pour cor et orchestre avec quatre cors obligés, « San Francisco Polyphony » pour orchestre, « Atmosphères » pour grand orchestre, « Clocks and Clouds » pour douze voix de femmes et orchestre, « Lux Æterna » et « Trois Fantaisies » d'après Hölderlin pour choeur a cappella, un Opéra, « Le Grand Macabre », le « Requiem », les « Aventures » et les « Nouvelles aventures », qui constituent une forme de théâtre musical utilisant des techniques vocales inhabituelles, ou bien encore « Sippal », « dobbal » et « nádihegedüvel », cycle de mélodies sur des poèmes de Sándor Weöres, pour mezzo-soprano et Quatuor de percussions.