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Commentaires client les plus utiles
8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"On ne domine pas un pays militairement, mais administrativement", Gérard Chaliand,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'impasse afghane (Broché)
Gérard Chaliand, spécialiste des problèmes politiques et stratégiques du monde contemporain, est de fait, depuis la fin des années 1950 un baroudeur, enquêteur de terrain. L'auteur, qui n'a pas ma sympathie pour son engagement militant pro-FLN pendant la guerre d'Algérie, est cependant digne d'être lu. Sa pensée, richement documentée, concise, est solidement ancrée par ces années d'études sur le terrain, ses remises en cause continues devant la force des faits."L'impasse afghane" est un ouvrage essentiel pour comprendre la situation militaire, stratégique et politique en Afghanistan. Après une analyse succincte mais pertinente des conflits coloniaux, d'indépendance (insurrectionnels et contre-insurrectionnels) et post-coloniaux, l'auteur dégage une réalité maintes fois avérée par Gallieni (cité à deux reprises) et Lyautey, au 19ème siècle : "On ne domine pas un pays militairement, mais administrativement" - p.43 Aussi le conflit afghan, très bien commencé dans sa lutte à mort de Al Quaïda (Chaliand est le second auteur qui signale la mort de cette institution terroriste), s'est pourtant dévoyée dans sa stratégie de conquête des populations, essentiellement celle des Pachtounes qui fournit les talibans. Pourquoi ? Seulement 10% des dons versés sont destinés à l'aide au développement, et encore 40% de ceux-ci retournent dans les poches d'entreprises occidentales (p.116). Pendant des années (le système perdure), les troupes ont obéi au syndrome américain de "Fort Alamo" : un camp solidement retranché dans un terrain hostile, sans contact avec la population, qui est naturellement crainte et incomprise (barrières de la langue et de la culture). Cette guerre "surtout menée par des étrangers" (p.122) ne saurait gagner les coeurs et les esprits ... et pas même les estomacs. L'administration afghane ne répond pas aux objectifs d'occupation du terrain. "On a peine à imaginer le degré de corruption auquel en est arrivé l'administration Karzaï. L'impunité y règne et les Américains n'y peuvent rien. Transparency International pour l'année 2010, classait l'Afghanistan 176ème sur 178, parmi les Etats les plus corrompus (...)" - p.133. L'afghanisation de l'armée, des forces de police est mal engagée. Peu de Pachtounes y sont présents, alors que les foyers de troubles y sont localisés essentiellement. L'auteur, comme certains autres que j'ai lus, envisage une sortie diplomatique indispensable par un accord avec les talibans, qui, si militairement seront toujours battus, tiennent de plus en plus l'administration de ce pays grand comme une fois un quart la France. Comment envisager une telle solution dans son contexte politique américain ? Impossible. Telle est l'impasse. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un court texte de Gérard Chaliand pour faire le point de la situation afghane début 2011.,
Par bir-hacheim "Le blog de bir-hacheim" (Tourcoing, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 50 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'impasse afghane (Broché)
Comme le titre de son ouvrage l'indique, Gérard Chaliand n'est guère confiant sur l'issue du conflit car, avec les guerres asymétriques, quand on ne les gagne pas, on les perd.Dans le premier tiers de l'ouvrage (50 pages), il revient sur les conditions de succès et d'échec des guerres de la colonisation et de la décolonisation. C'est une étape indispensable pour inscrire les guerres révolutionnaires ou asymétriques dans le temps de l'Histoire. De plus Chaliand est vraiment l'un des spécialistes français de la question. Dans la deuxième partie (100 pages) titrée « Irak-Afghanistan, deux échecs liés », il revient sur les concepts de remodelage démocratique du « Grand Moyen-Orient » et de « guerre contre le terrorisme » qui ont tous deux échoué selon lui et il s'en explique. Concernant l'Afghanistan, s'il reconnait l'intérêt de la stratégie de contre-insurrection mise en œuvre par les généraux Petraeus et McChrystal, il n'en note pas moins que les conditions de succès ne sont pas remplies: effectifs réduits des troupes de la coalition, non intégration aux populations locales (bunkerisation), opposition farouche des talibans avec un sanctuaire pakistanais, difficulté à monter une armée nationale afghane en qualité et en volume, corruption endémique de la police et de l'état afghan. Je note cependant quelques points positifs: - de fait, depuis les attentats de New-York, Madrid et Londres, la pression terroriste en Occident n'a pas repris - le réseau Al-Qaida n'existe plus en termes d'entité coordonnée - si la démocratie tarde à s'imposer, les « révolutions arabes » sont aussi l'expression de peuples désireux de s'inscrire dans un mouvement plus démocratique - en ce qui concerne l'Irak, les États-Unis contribuent à maintenir un équilibre instable entre une majorité chiite, une minorité sunnite toujours active et des kurdes toujours à la recherche de leur état autonome. Bref, la nuisance de la puissance régionale sous Saddam Hussein a disparu et les sources d'approvisionnement pétrolier sécurisées temporairement à minima. - concernant l'Afghanistan, la situation est délicate: la guerre coûte cher, la fatigue occidentale s'installe dans la durée, les talibans ne désarment pas. En même temps, les pertes de la coalition sont en diminution par rapport à l'année dernière. Donc fondamentalement un bon texte pour ceux qui ne sont pas plongés régulièrement dans ces conflits du 21ème siècle. Un bon résumé de ce que Chaliand a déjà signalé par ailleurs dans ses articles ou dans d'autres ouvrages. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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