Une famille, traumatisée suite à la mort (accidentelle) du père, rencontre un soir de Décembre Pierre Zébreuse. Celui-ci fait le père Noël devant un grand magasin. Très vite il sait se faire adopter, apprécier même, de toute la famille, à l'exception du grand-père qui l'a surnommé le "braconnier".
Le Braconnier, celui s'en allant chasser indûment sur des terrains réservés. Le clash est inévitable, pressenti dès la rencontre. Pierre disparaît, en état de choc face à la haine violente qu'il prend en plein visage.
S'ensuit un récit d'errance, de souvenir et de résilience. Les membres de la famille tente de pallier, comme ils peuvent, à l'absence de Pierre. Les sutures que celui-ci avait su poser en des endroits sensibles sautent les unes après les autres et dévoilent les petites lézardes de cette famille décidément trop lisse. Pierre part pour un voyage hallucinant à la recherche de lui-même et de son passé.
Il en ressortira métamorphosé, apaisé. Animé de la volonté de reprendre contact avec son passé. Mais, la famille ayant réussi, après moults ajustements, à retrouver une nouvelle façon de vivre avec ses blessures, rancoeurs et autres trahisons; la greffe s'annonce plus que compromise.
C'est un très beau roman qui permet de mesurer les moyens que chacun déploie pour s'accomoder de sa petite vie. Instaurer un climat permettant de "vivre avec" toutes ces petites choses que l'on laisse en suspens, indéfiniment, jusqu'à ce que cela ne soit plus possible, qu'il faille trancher le noeud gordien pour repartir, vivre sans cette fois-ci.