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L'inauguration des ruines Broché – 14 mars 2013


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Descriptions du produit

Extrait

Où l'on retrouve Loys Le Briet (enfin débarrassé de la légende abracadabrante de sa naissance) sous les traits d'un vieillard égrillard et flapi qui se régale à voir des jeunes gens nus

Par la fenêtre ouverte venaient par bouffées des odeurs de lavande et d'eucalyptus, qui combattaient dans la chambre les senteurs contrariées de l'éther, des médicaments et des pets.
Loys Le Briet leva le bras pour chasser un moustique, et le tuyau de la perfusion fichée à la saignée du coude se tendit. Il interrompit son geste, laissa un instant sa main levée au-dessus du drap qui lui couvrait les jambes, la regarda : une main de brindilles et d'os où les ligaments dessinaient une anatomie d'écorché. Et la peau : crevasses, tavelures, éphélides. Comment disait-on de ces macules brunes quand il était enfant ? Des fleurs de cimetière.
La chaleur était dure et inlassable.
Il sonna pour appeler l'infirmière. Attendit en contemplant le parc. Les cyprès, les oliviers, les tamaris, les caroubiers, les yeuses, et là-bas, au loin, entre les pins parasols, l'imperturbable surface d'acier de la Méditerranée à peine troublée par le sillage d'un hors-bord. Il écouta un instant les cris de jeunes gens invisibles qui jouaient au bord d'une piscine.
Lorsque l'infirmière pénétra dans la chambre, il se retourna. Elle avait cette jovialité exagérée des gens qui n'aiment pas dire la vérité, et sa voix était trop forte.
Alors monsieur le président, comment on se sent ce matin ?
Le haricot de métal qu'elle tenait à la main contenait un flacon trapu et une seringue.
Flanquez-moi en l'air cet attirail, dit Le Briet, pour les piqûres j'ai ce qu'il faut avec les moustiques, vous m'apporterez tout à l'heure un de ces bidules électriques qui estourbissent ces sales bêtes. Ne restez pas empotée, mon petit, asseyez-vous, vous savez ce que je viens d'apprendre ?

PAS DE SOUS-VÊTEMENTS
Il tapota le lit de la paume, à un emplacement que les journaux, les revues et les livres éparpillés laissaient libre. L'infirmière hésita. Autour des boutons soigneusement fermés de sa blouse blanche, les plis du tissu se tendaient depuis les seins jusqu'aux hanches.
(«Si tu voyais ce qu'il exige, le vieux, depuis qu'il a quitté ses brumes de Neaulieu pour venir se faire soigner dans sa propriété du Midi. Tout le personnel à quatre épingles, des gants, des coiffes, et la blouse fermée jusqu'au col mais, le cochon, toujours d'une taille en dessous, on a l'impression d'être sanglées là-dedans, et pas de sous-vêtements, il ne veut pas, c'est comme pour les godelureaux dans le parc, alors là c'est le pompon.»)
Des jeunes gens passèrent en courant dans l'écran de la fenêtre, se poursuivant en riant. Une fille, deux garçons. Nus. Bronzés. Sans marque pâle de maillot. Joyeux. Insouciants.
(«Il se démanche le cou pour se rincer l'oeil à reluquer son gibier qui cavale à poil dans le parc, il les paie pour se balader la zigounette à l'air et ça ne lui suffit même pas, quand tu es seule dans la chambre avec lui je te jure, faut faire attention, il a la main baladeuse.»)
Arrêtez, dit l'infirmière. Arrêtez monsieur le président.
Allons donc, dit Le Briet, vous ne savez pas dans quel état vous me mettez, viens donc t'installer là, petite opportune, au diable la perfusion le cathéter et tout ce saint-frusquin, écarte-moi ces journaux et assieds-toi, oui, comme ça, écoute ce que je viens d'apprendre dans un de ces torchons.

Revue de presse

" L'Inauguration des ruines " réinvente le roman-feuilleton autour d'une dynastie d'entrepreneurs...
Au fond, le propos de l'auteur n'est pas tant de raconter l'histoire d'une dynastie que d'établir la supériorité de la fiction sur le réel, et peut-être de la littérature sur l'architecture. Avec L'Inauguration des ruines, il fait sortir de terre la ville de Neaulieu, lui invente une histoire, des luttes sociales, un grand poète local... Des monuments, aussi, puisque chacun des Le Briet successifs se met en tête de donner à la ville son édifice phare, au point de rendre fous les architectes de la cité. Mais ces bâtiments grandioses, on le découvrira, sont promis à l'effondrement progressif ou à la destruction brutale. D'où le titre du roman : inaugurer un édifice, c'est célébrer de futures ruines, suggère Jean-Noël Blanc au fil de son ample roman-puzzle. De même que toute dynastie est vouée à s'éteindre, et tout empire industriel à se disloquer à plus ou moins long terme. Tout est voué à la finitude ? Alors autant s'en amuser, semble dire l'auteur, et glisser cette augustinienne leçon dans une fresque malicieuse et ludique, menée à fond de train, qui plie le monde à son bon vouloir. Et qui, elle, ne disparaîtra pas. (Raphaëlle Leyris - Le Monde du 25 avril 2013)

Sa première publication remonte à 1985. Trente-cinq autres ont suivi. Des livres pour la jeunesse, des romans inspirés par le sport, sans oublier de petits bijoux, par exemple Esperluette et compagnie, qui mettent en scène la langue et les signes typographiques... L'activité d'écriture de Jean-Noël Blanc se présente sous de tels dehors multiformes qu'elle ne lui a pas permis d'accéder à la reconnaissance, en dehors du petit cercle des initiés. Et puis, déjà bien engagé dans la soixantaine, l'écrivain stéphanois propose aujourd'hui ce qui se présente assurément comme son chef-d'oeuvre. Un roman virtuose rassemblant en une seule coulée cet art jusqu'ici épars. Pour un formidable moment de lecture...
Jean-Noël Blanc nous en dit décidément long, au fil de ce récit à rebonds, débordant de malice et d'inventivité. (Jean-Claude Lebrun - L'Humanité du 30 mai 2013)



Détails sur le produit

  • Broché: 424 pages
  • Editeur : Joëlle Losfeld (14 mars 2013)
  • Collection : Littérature française/Joëlle Losfeld
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2072482631
  • ISBN-13: 978-2072482632
  • Dimensions du produit: 21,5 x 2,7 x 15 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par berto20 le 7 juin 2013
Format: Broché Achat vérifié
Un grand journal du soir voyait dans cet ouvrage la renaissance du style du roman-feuilleton. J'y ai pour ma part vu davantage un opus de facture très post-moderne, qui mêle, comme c'est devenu la mode, tous les styles de récits: roman, poésie, fausses citations, faux extraits de journaux, mélange des narrateurs, etc. Cela ne veut pas dire que la lecture en est moins agréable: il y a beaucoup de belles trouvailles, et le récit est rythmé. Mais tout n'est pas non plus toujours très inspiré (le goût de l'auteur pour l'énumération est parfois un peu pesant, et certaines figures stylistiques sont de trop - la récurrence du thème de l'araignée par exemple).

Roman total par le style, donc, mais aussi par la période couverte: un siècle de la vie d'une famille d'entrepreneurs, un siècle d'une ville. Les personnages, tous très typés (on ne dira pas caricaturaux, non), se succèdent et se mêlent, avec plus ou moins de bonheur narratif (les entrelacs entre les patrons et les syndicalistes, à travers plusieurs générations, sont un peu "téléphonés").

Bref, un objet littéraire intéressant, une histoire assez prenante - mais pas un monument romanesque comme l'empire industriel qui lui fournit sa trame.
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