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Freud ne se sert pas de l'oeuvre d'art pour y appliquer les schémas d'une lecture préétablie. Comme il le reconnaît lui-même, en art, le psychanalyste doit demeurer très modeste : "l'essence de la réalisation artistique nous est psychanalytiquement inaccessible". La culture artistique est en réalité pour Freud un lieu d'élaboration du savoir analytique. En témoigne ce que le personnage de la tragédie antique, Oedipe, lui permit de comprendre de son propre inconscient.
Les écrits freudiens sur l'art en disent donc autant sur la psychanalyse elle-même que sur le mystère de la création artistique. C'est à ce double titre qu'ils méritent d'être lus. --Emilio Balturi
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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Comment le familier peut-il devenir effrayant?,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'inquiétante étrangeté et autres essais (Poche)
Même si je suis plus sensible aux théories de Jung sur l'analyse de la psyché humaine, ce livre propose diverses réflexions sur des oeuvres d'art éclairées par le regard d'un psychanalyste reconnu. J'ai notamment été intéressée par le travail élaboré par Freud sur "L'Homme de sable" d'Hoffmann. L'angoisse créee par les personnages provient d'un doute sur leur identité: automate ou personnes réelles?
L'inquiétante étrangeté (Unheimlich en allemand), c'est quelque chose qui nous a été familier et qui est devenu étranger en raison d'un processus de refoulement. L'inquiétant, c'est ce qui se rattache aux morts également, aux esprits et aux fantômes. Si vous vous intéressez au fantastique (au sens donné par Todorov "hésitation entre une interprétation rationnelle et irrationnelle" qui laisse place au doute), ce livre l'aborde avec une vision singulière. Il peut servir à diverses analyses à la fois psychique, littéraire ou cinématographique (comme Eyes wide shut par exemple de Stanley Kubrick). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
« Le domaine dans lequel nous nous sentons sûrs, est celui de la pathologie de la vie psychique »,
Par J-michel Tartayre (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'inquiétante étrangeté et autres essais (Poche)
Cette oeuvre est un recueil de douze essais de Sigmund Freud intitulés respectivement « L'établissement des faits par voie diagnostique et la psychanalyse », « Le créateur littéraire et la fantaisie », « Sur le sens opposé des mots originaires », « Le motif du choix des coffrets », « Le Moïse de Michel-Ange », « Parallèle mythologique à une représentation obsessionnelle plastique », « Quelques types de caractère dégagés par le travail psychanalytique », « Une difficulté de la psychanalyse », « Un souvenir d'enfance de "Poésie et Vérité" », « L'inquiétante étrangeté », « Une névrose diabolique du XVIIe siècle » et « L'humour ».
La grande majorité de ces analyses rend compte de la réflexion de l'auteur d'après différents supports de création littéraire ou, plus largement, artistique. Ainsi, Freud dans son deuxième essai, s'intéresse au rapport que la littérature entretient avec la fantaisie et établit des corrélations, à titre préventif, avec les affections psychologiques que les excès eu égard au processus fantaisiste peuvent générer chez certains de ses patients (« C'est le foisonnement des fantaisies et le fait qu'elles deviennent prépondérantes, qui créent les conditions de la chute dans la névrose et la psychose ; les fantaisies sont aussi les ultimes stades psychiques préalables aux symptômes douloureux dont nos malades se plaignent. ») Dans « Le Moïse de Michel-Ange », l'auteur poursuit son investigation dans le domaine de la fantaisie sculpturale en proposant, au terme d'une confrontation mesurée de plusieurs interprétations sensiblement divergentes de la part de célèbres analystes ou critiques d'art tels que, par exemple, Heath Wilson, Wöfflin, C. Justi, Jak. Burckhardt ou W. Lübke, sa propre interprétation de la fameuse représentation de Moïse par Michel-Ange, dans une péroraison qui tient compte de l'intention de l'artiste dans le cadre de la relation qu'il entretenait avec le pape Jules II sur le tombeau duquel fut originairement destinée la statue (« Jules II était apparenté à Michel-Ange, en ceci qu'il cherchait à réaliser des choses grandes et puissantes, surtout grandes par leur dimension [...] L'artiste avait conscience d'une égale violence de l'ambition en lui-même, mais il se peut que, sa tendance à la méditation lui donnant une vue plus profonde des choses, il ait pressenti l'insuccès auquel tous les deux étaient voués. ») Dans « Une difficulté de la psychanalyse », l'auteur quittant quelque temps les phénomènes psychiques associés à celui de la création, oriente son discours vers la finalité de la psychanalyse, considérant que l'âme demeure une matière délicate à cerner tant sa complexité est grande, et allègue les vertus curatives et, par là même, les fondements de cette discipline (« Qui saurait évaluer, même si tu n'es pas malade, tout ce qui s'agite dans ton âme et dont tu n'apprends rien, ou dont tu es mal informé ? ») Enfin, dans « L'inquiétante étrangeté », essai éponyme de ce recueil, Freud revient sur l'analyse inspirée de la création littéraire et en particulier du conte. L'inquiétante étrangeté est à cet égard définie comme « cette variété particulière de l'effrayant qui remonte au depuis longtemps connu, depuis longtemps familier. » L'auteur, ce faisant, s'appuie sur « Les Contes » d'Hoffmann, notamment sur celui qui a pour titre « L'Homme de sable », puis établit une analogie entre les cas d'inquiétante étrangeté observés en consultation et ceux de l'animisme, un univers qui, selon Freud, favorise un « narcissisme illimité » corrélé, entre autres concepts, à la magie, la sorcellerie et la toute-puissance des pensées (« Ce qu'il y a d'infantile là-dedans, et qui domine aussi la vie psychique des névrosés, c'est l'accentuation excessive de la réalité psychique par rapport à la réalité matérielle, trait qui se rattache à la toute-puissance des pensées. ») « L'humour », du reste, l'essai qui clôt cet ensemble, se fonde sur une observation remarquable de la part de son auteur des rapports qui unissent, lors du processus humoristique, le moi et le surmoi (« Nous connaissons par ailleurs le surmoi comme un maître sévère. Il s'accorde peu à ce caractère, dira-t-on, qu'il condescende à permettre au moi un menu gain de plaisir. Il est exact que le plaisir humoristique n'atteint jamais l'intensité du plaisir pris au comique ou au mot d'esprit, qu'il ne se prodigue jamais en francs éclats de rire ; il est également vrai que le surmoi, quand il instaure l'attitude humoristique, écarte à proprement parler la réalité et se met au service d'une illusion. Mais - sans très bien savoir pourquoi - nous attribuons à ce plaisir peu intense une valeur élevée, nous le ressentons comme particulièrement libérateur et exaltant. ») Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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2.0 étoiles sur 5
décevant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'inquiétante étrangeté et autres essais (Poche)
Le problème c'est l'écriture de Freud qui est très lourde, et donc assez difficile à déchiffrer.
Souvent des idées simples sont exposées de manière compliquées ; Pour ma part, je préfère les auteurs qui parviennent à décrire des choses compliquées de manière simple... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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