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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Magnifique intriduction,
Par Philippe Poux "Passion & création" (Levallois, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ironie (Poche)
Un de nos plus grand philosophe ... dont les cours étaient des instants parfaits, nous livre une réflexion forte et malicieuse sur l'ironie.L'humour se lie à l'amour, l'ironie à la joie et nous sauve du pessimisme, de l'hypocrisie et de tous les affreux. Taquin, Jankélévitch pousse l'ironie jusqu'à ne plus traduire ses citations grecques (dommage pour ceux qui n'ont pas fait leurs lettres ...) Un livre à déconseiller à ceux qui ne savent même pas ce que "se remettre en question" signifie ... au point de s'asphyxier dans leurs dogmes. Quant à ceux qui cherchent les grands espaces philosophiques, la respiration de la pensée, la liberté ... qu'ils foncent dans ces quelques pages éblouissantes de culture et pétillantes d'intelligence. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
"L'ironie est une pudeur qui se sert, pour tamiser le secret, d'un rideau de plaisanteries",
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ironie (Poche)
J'ai relu cet ouvrage découvert voici une bonne vingtaine d'années, écrit par l'un des plus brillants philosophes d'après-guerre, Vladimir Jankélévitch (1903 - 1985). L'ironie est une arme qui peut être fatale à celui qui la pratique. Elle est pour l'être qui sait se l'appliquer à soi-même, un viatique pour la liberté ; elle est mouvement qui nous porte au-delà."Car le but de l'ironie n'était pas de nous laisser macérer dans le vinaigre des sarcasmes ni, ayant massacré tous les fantoches, d'en dresser un autre à la place, mais de restaurer ce sans quoi l'ironie ne serait pas ironique : un esprit innocent et un coeur inspiré." Laissons nous emmener sur les chemins de la compréhension de cet étrange et dérangeant état d'esprit : "L'ironie, assurément, est bien trop morale pour être vraiment artiste, comme elle est trop cruelle pour être vraiment comique. (...) L'ironie, qui ne craint plus les surprises, joue avec le danger. Le danger, cette fois, est dans une cage ; l'ironie va le voir, elle l'imite, le provoque, le tourne en ridicule, elle l'entretient pour sa récréation; même elle se risquera à travers les barreaux, pour que l'amusement soit aussi dangereux que possible, pour obtenir l'illusion complète de la vérité ; elle joue de sa fausse peur, et elle ne se lasse pas de vaincre ce danger délicieux qui meurt à tout instant." (p.9) "L'ironie développe d'abord en nous une sorte de prudence égoïste qui nous immunise contre toute exaltation compromettante et contre les déchirements de l'extrémisme sentimental. (...) Ainsi l'ironie devance toujours le désespoir. (...) L'ironiste ne veut pas être profond; l'ironiste ne veut pas adhérer, ni peser; mais il touche le pathos d'une tangence infiniment légère, et quasi impondérable; amoureux, il n'aime qu'avec une petite portion de son âme, comme Fontenelle; quand il se fâche, c'est pour ainsi dire du bout des lèvres; et quand il regarde, c'est à la manière d'Erik Satie, "du bout des yeux"! Il badine avec tous les sentiments, mais n'insiste jamais; parce que sa conscience s'articule en délicates allusions, elle ne peut être que superficielle et elle a la coquetterie de sa frivolité : elle appelle cela politesse, bon goût, ou comme on voudra. Qui trop embrasse, mal étreint... mais la conscience ironique ne désire pas étreindre: elle préfère papillonner d'anecdote en anecdote, de plaisir en plaisir, et goûter de tout sans se poser nulle part; elle sait la préface de toutes les passions, mais la préface seulement, car elle part toujours avant la fin." (p.33, 34). "On ne saurait s'étonner que l'ironie offre certains dangers, tant pour l'ironiste lui-même que pour ses victimes. La manoeuvre est risquée, et, comme tout jeu dialectique, elle ne réussit que de justesse: un millimètre en deçà, - et l'ironiste est la risée des hypocrites; un millimètre au delà, - et il se trompe lui-même avec ses propres victimes; faire cause commune avec les loups, c'est de l'acrobatie et qui peut coûter cher à un maladroit." (p. 130) "L'ironie est donc au-delà du pessimisme et de l'optimisme, comme au delà du plaisir et de la douleur (...) elle désespère avec humour et badine amèrement sur sa propre détresse." Les pages 164 à 170 seraient à citer in extenso, tant elles sont belles, puissantes. Extrait : "Principe d'inhibition des sentiments, l'ironie joue un rôle comparable à des "réducteurs" qui, selon la psychologie académique, freineraient l'inclination hallucinatoire des images; elle contrebat l'absolutisme pathologique, elle fait que la grandiloquence rougit d'être grandiloquente, elle surmonte par une espèce de lévitation notre pesanteur spirituelle, et interrompt enfin la prolifération complaisante des adjectifs. Par là, l'ironie nous immunise contre la déception; elle est l'antidote des fausses tragédies, la conscience que nulle valeur n'épuise toutes les valeurs; elle lutte contre l'inertie des sentiments qui s'attardent, deviennent tic, marotte ou formule; elle rappelle à l'ordre les douleurs qui s'éternisent et prétendent être totales, c'est-à-dire désespérées; elle est donc, en même temps qu'une grande consolatrice, un principe de mesure et d'équilibre (...); mortelle au pédantisme maniaque et à toutes les unilatéralités de l'esprit, elle forge des âmes harmonieuses, divisées, multilatérales qui veulent pour centre non plus un vice, mais une valeur vraiment essentielle." C'est pourquoi "l'ironiste veut préserver en soi une certaine profondeur secrète; il répugne à dire trop tôt l'indicible, et il conserve précieusement ce quelque chose de poétique et de virginal qui survit aux démonstrations les plus choquantes du pathos." (p. 170) Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
un excellent outil de travail,
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ironie (Poche)
Jankelevitch, c'est avant tout de la poesie. Admirable l'apologie de Socrate. Un tres bon outil de travail pour ceux qui etudient l'ironie.
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