La deuxième production post-Wham ! de George Michael,
Listen Without Prejudice, Vol. 1 ("Écoutez sans préjugés") ne pouvait pas porter meilleur titre. Après le très dansant
Faith, cet opus possède un ton plus grave, moins glamour. "Freedom 90" a du rythme, une mélodie entraînante et bien sûr un clip explosif qui va avec. Le ton plus contemplatif de l'album est donc mieux illustré par l'autre hit qu'il contient, "Praying For Time". La voix de George Michael est plus puissante que jamais, et il prend des risques sur ce CD : "They Won't Go When I Go", qui n'a pas été écrit par le chanteur, est assez ésotérique et "Cowboys And Angels" est une complainte d'une grande originalité.
--Steve Gdula
Deuxième album solo de George Michael,
Listen Without Prejudice, vol.1 est sorti en 1990. Il s'ouvre avec un slow en forme de prière,
« Praying for Time » : l’esprit du gospel plane indéniablement dans ce morceau. Vient ensuite
« Freedom », plus rythmé, très entraînant, avec des accents mélangeant soul music et funk. On connaît l’amour que George Michael porte aux musiques « noires ». Rien d’étonnant, donc, à voir figurer dans l’album une reprise d’une de ses idoles Stevie Wonder, avec
« They Won’t Go When I Go », en version minimaliste piano/voix. Là encore le gospel imprègne l’interprétation du morceau, avec notamment les chœurs que George Michael a fait lui-même sur plusieurs pistes, en re-recording.
Le titre suivant,
« Something to Save », est plus folk. L’instrumentation est plus classique : guitare, violoncelle, absence de percussion hormis un léger tambourin intervenant de manière ponctuelle. La diversité des styles que George Michael peut aborder lui permet de créer des ambiances différentes cassant tout effet possible de monotonie cher l’auditeur. Cela vaut pour
« Cowboys and Angels », avec une intro au piano sans tempo défini lançant un climat jazzy à trois temps, matiné d’une section de cordes et d’une improvisation au saxophone concluant la pièce. C’est d’ailleurs le titre le plus long de l’album (plus de 7 minutes).
Vient ensuite
« Waiting for That Day», certainement le titre qui résume le mieux le contenu de l’album. Toutes les influences musicales de George Michael y sont concentrées : la rythmique R&B est la même que dans
« Freedom », la guitare folk côtoie le son « churchy » de l’orgue et le rock’n'roll des Rolling Stones est cité à l’occasion de la dernière phrase chantée, « You can’t always get what you want ». Ce n’est pas le fruit du hasard si cette composition est reprise pour finir l’album, dans une version dépouillée, plus lente, avec le goût du regret de devoir se quitter.
« Mothers Pride », splendide ballade épurée, respecte l’alternance savamment dosée de compositions lentes et rapides, aspect essentiel dans l’aménagement des titres sur tous les albums de George Michael.
« Heal the Pain » rejoint l’ambiance de
« Something to Save». L’avant-dernière plage est la plus atypique par rapport au reste de l’album :
« Soul Free » rappelle les premiers tubes de Wham!, avec des sons et un traitement caractéristiques des années 80, dans la veine des maxi 45-tours de l’époque. Avec ce deuxième opus solo, George Michael confirme son énorme talent de
songwriter et d’interprète complet, capable de jouer dans plusieurs registres.
Gabriel Perreau - Copyright 2012 Music Story