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Commentaires client les plus utiles
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'effervescence d'un piano effrayant de beauté,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liszt-Ravel (CD)
Quels sommets musicaux! Et quel hommage rendu à ces deux immenses compositeurs par cette magicienne du clavier qui laisse loin derrière elle tant d'autres interprètes, pourtant parmi les plus grands, de la sonate en si de Liszt.Quand à son interprétation du "Gaspard de la Nuit", elle me donne des frissons... de bonheur! Un piano effrayant, oui, mais dans le sens positif du terme, comme lorsqu'on est frappé par la magnificence des paysages extrêmes. J'ai découvert Marylin Frascone dans un précédent disque où elle interprétait l'autre sonate de Liszt: "Après une Lecture de Dante". Ce fut pour moi une révélation. A l'écoute du présent album, je persiste et je signe: ces deux sonates sont des merveilles que je ne me lasse pas d'écouter. Je trouve que Marylin Frascone possède tout: la puissance de jeu, la clarté des sons couplée à une articulation irréprochable, un sens aigu de la cohérence du discours musical, des nuances et du rubato pur de toute affectation qui font de cette pianiste à la fois une danseuse étoile (avec les doigts!), une peintre et une poétesse. La question que je me pose est la suivante: comment se fait-il que l'on parle si peu de Marylin Frascone? Pour moi, c'est un vrai mystère! Marylin, pour le bonheur des mélomanes, faites-vous connaître! Je la mets au même niveau que Martha Argerich (la relève de cette dernière est ainsi assurée!) ou Arcadi Volodos. On ne peut mettre que 5 étoiles, pas plus? Dommage, car j'en mettrais bien 10! Marylin Frascone, une référence musicale à écouter et ré-écouter SANS modération. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un chef d'oeuvre à (re)découvrir,
Par Etienne Leclercq "Musicfan56" (Lorient) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liszt-Ravel (CD)
Que ceux qui auraient manqué l'édition furtive de ce couplage Ravel - Liszt, paru en 2003 sous un label quasi inconnu, se jettent sur ce disque : il est extraordinaire ! Un petit point sur Marylin Frascone. On a commencé à en entendre parler (moi compris) avec son récent récital Liszt, lequel m'avait enthousiasmé tant par sa musicalité naturelle que par sa force expressive et ses prises de risque. Récital en direct de surcroît ! Mais c'est par cet album que la pianiste a fait ses débuts au disque. Le programme regroupe deux oeuvres bien connues des mélomanes : la sonate en si mineur de Franz Liszt et le Gaspard de la Nuit de Ravel, soient, deux oeuvres redoutables pour tout pianiste qui s'y attelle. Frascone possède les doigts et l'intelligence pour s'y mesurer.La sonate en si mineur, qui ouvre le programme, est prise très rapidement (25 minutes, comme Argerich), mais jamais on n'a l'impression que le discours se brouille. Mieux encore, les transitions entre les différentes sections paraissent plus naturelles que jamais. On entend les remous de l'âme du compositeur sans que la cohérence du propos soit prise en défaut. Ainsi démarrons-nous dans un calme de mauvais augure avant que le discours ne s'anime puis explose avant de s'évanouir dans le silence. Pour autant, cette version, en proie aux instincts les plus fulgurants, n'en est pas moins travaillée. En effet, la recherche des sonorités est remarquable et permet des éclairages chatoyants qui empêchent cette version de sombrer dans le monolithisme. L'expressivité de la page est intacte mais elle gagne en énergie, en fougue et en contrastes. Un modèle dans son genre ! Nonobstant une prise de son caverneuse (qui a peut-être été corrigée depuis le changement de label) voici la meilleure version que j'ai entendue (Argerich, Brendel, Pollini, Pogorelich). Le Gaspard de la Nuit de Ravel n'est pas moins abouti : sombre, tourmenté à souhait, il est interprété avec force et subtilité par Frascone. Bien que réverbérée, l'acoustique laisse entendre une version très fouillée, collant fort bien aux textes d'Aloysius Bertrand. Ondine possède une fluidité idéale pour que transparaissent le mystère et l'ambiguïté de la pièce, ses reflets changeants, moirés, évoquant le murmure de l'eau, puis celui de la chanson de l'Ondine, ses pleurs, son rire et sa disparition. Le point culminant de cette version est le Gibet, avec son glas en si bémol obsédant, hypnotique, peignant un paysage désolé, dont le climax glace le sang (à 5'20). La lente progression du mouvement est magnifiquement rendue et jamais la pianiste ne succombe aux effets trop faciles que certains seraient tentés d'ajouter pour faire plus glauque : elle montre que la simple exposition du mouvement se suffit à elle-même. Un modèle ! Quant au Scarbo, il possède le côté fantasmagorique nécessaire à ce gros morceau de bravoure de la littérature du piano. Sur un tempo plus modéré qu'à l'accoutumé, le mouvement ne perd rien de sa fulgurance mais gagne en caractérisation : la progression vers une peur de moins en moins contenue, la suffocante morbidité du passage central (5'30 à 8'00), la reprise effrenée des dernières mesures avant une coda évanescente se révèlent alors plus palpables que jamais. Cette version très pensée et construite n'est peut-être pas la plus idiomatique qui soit. Mais son aboutissement est indéniable, si bien que je la place au sommet d'une discographie riche en réussites (Argerich I, Tharaud, Bavouzet) Voici un très grand disque d'une artiste qui mériterait qu'on parle davantage d'elle. J'espère que cette réédition connaîtra un succès plus retentissant ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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