Attention: zarzuela! Genre mineur? Voire. Les grincheux ne manqueront pas, par exemple, de critiquer le fait que le rôle de Semele soit uniquement parlé; mais ceux qui bâillent d'ennui, même s'ils refusent de l'avouer pour sacrifier à la mode baroquisante, à l'écoute des opéras séria produits en série (le vilain jeu de mots!) entre 1650 et 1750 et même au-delà, seront agréablement surpris par l'extraordinaire vitalité de cette oeuvre. D'autant que le compositeur dépasse l'ascétisme ou le pittoresque standardisé de l'instrumentation d'usage, que l'on retrouve dans maints opéras de Haendel, pour nous offrir des soli de hautbois et de flûtes dans l'accompagnement des airs dignes de ceux dont J.S. Bach nous ravit dans ses cantates. Et la présence de personnages bouffes à la mode napolitaine varie encore le propos.
L'interprétation honore pour sa part toutes les qualités que l'on est en droit d'attendre d'un enregistrement live: engagement, exubérance, sensibilité... Nous ne distinguerons personne car tous semblent avoir pris l'heureuse résolution de nous emporter dans leur tourbillon.