Une oeuvre majeure dans le ciel non seulement westernien mais aussi hollywoodien. Plus une parabole sur la guerre du Viêt-nam qu'un western sur les guerres indiennes (le film date de 1970), "Little Big Man" raconte l'histoire NON VERIDIQUE d'un américain capturé et élevé par les Cheyennes et qui tout au long de sa vie, ne cessera de se partager entre cette culture moralement, humainement et spirutuellement très avancée et la culture blanche.
NON, "LITTLE BIG MAN" N'EST PAS UNE HISTOIRE VRAIE, contrairement à ce que bcp pensent et à ce que le début du film peut faire croire. Little Big Man a bel et bien existé, mais il s'agissait d'un Sioux et dont le seul point commun avec le film est le nom. Voilà pour la petite histoire qu'il me semblait intéressant de préciser.
Par contre pour l'histoire, la vraie, il y a beaucoup à dire. Car Jack Crabb rencontre bien des personnages ayant véritablement existé (Custer, Wild Bill Hicock et Buffalo Bill). La mort des deux premiers est également historiquement véridique. Mais "LITTLE BIG MAN" est surtout un grand film de leçons, non seulement historique mais ethnique. L'Histoire, pour les raisons citées précédement mais aussi pour le massacre de la Washita (l'attaque du camp indien sur le cour de la Rivière Washita, en pleine hiver, est aussi historiquement exact et s'est produit en 1868, 4 ans après le massacre de Sand Creek).
Mais aussi, et là je donne un prix spécial au scénariste et réalisateur (Arthur Penn), pour le monde cosmogonique et la spiritualité des Cheyennes qui est superbement démontré tout le long du film. Il faut le savoir. Mais il est vrai qu'un spectateur non averti, donc la plupart d'entre nous, ne le verra pas forcément. A titre perso, je connais très bien le sujet et j'y vois nombre d'information dans ce film. L'attaque des guerriers avec des bâtons à coup (véridique), car les guerriers gagnaient en popularité au sein de leur peuple et en réputation de bravoure au nombre de coups portés à l'ennemi et non au nombre d'ennemis abattus, ce qui était moins glorieux. Un autre exemple, lors de la préparation pour la guerre, si vous faites attention, vous verrez un guerrier se faire peindre le visage par un autre Cheyenne plus âgé. En effet, les peintures avaient vocations de protections et étaient sacrés, ors seul les chamans pouvaient les appliquer sur un guerrier en échange d'un don. Les peintures appelaient la protection d'esprits et étaient souvent en rapport avec les rêves. Ou encore l'explication que chef Dan George ("Peau de la Vieille Hutte") donne du scalp n'est pas anodine non plus. Etc, etc, etc...
Contrairment à ce que l'on peut croire, "Little Big Man" n'est pas le premier film pro-indien, en 1950 Delmer Daves s'était consacré aux Apaches dans "La flèche brisée" avec James Stewart, Jeff Chandler et Debra Paget (avec par contre quelques petites entorses à l'histoire, mais qd même). Suivra un peu plus tard "Soldat Bleu" avec Candice Bergen, Peter Strauss et Donald Pleasance, western ultra-violent qui retrace le massacre de Sand Creek.
A tout les points de vue, "Little Big Man" est un grand western, et un grand film d'histoire. Et en plus on nous gâte sur le plan casting : Dustin Hoffman bien sûr, mais aussi Faye Dunaway et Martin Balsam (Mr Merriwather). Mais à quand un version collector digne de ce nom et de cette oeuvre?