Bruce Springsteen était (c'est encore vrai aujourd'hui) réputé pour ses concerts marathons de 4 heures... Mis à part les chanceux qui y assistaient, nous n'avions pas de "preuve officielle". Le Boss se refusait de sortir un album "live" sous prétexte qu'il ne rendrait jamais justice de ses prestations. Et puis un jour, patatras ! Déboule dans les bacs un monumental quintuple album live du Boss ! Dingue ! 3h20 de musique, des prises lives de trois époques : 1978 (après "Darkness"), 1981 (après "The river") et 1985 (après "Born in the USA"). Colossal ! Incontournable ! Et frustrant à la fois, car que de titres enregistrés ont dû être laissés dans les tiroirs du studio ! Et l'auditeur de se demander : quelle est la meilleure période de Springsteen ? La période 1978 reste la plus intéressantes pour moi, les titres reflétant davantage l'ambiance des concerts, des titres longs, des conversations, de la conivence... Les titres choisis pour illustrer "Born in the USA" sont plus courts, plus proches des versions studio, mais quelle énergie ! Quelle joie de jouer ! Et surtout, quelles chansons ! Nous n'avons pas le temps ici de décortiquer chaque titres, qui méritent tous 5 étoiles.
Autre intérêt, c'est d'avoir des enregistrements de reprises faites par Springsteen sur scène. Ainsi, on l'entend réinterprété "Raise your hand" en rappel, ou "Jersey Girl" de Tom Waits, "War", "This land is your Land" de Woody Guthrie, et bien sûr, sa colossale version de "Because the night" et son solo de guitare hallucinant : toute la puissance du E Street band concentré dans une chanson ! (chanson écrite pour Patti Smith qui enregistait "Horse" dans le studio d'à coté à l'époque de "Darkness")
Deux bémols : le son des CD est moins bon et pêchu que le son des vinyles. Et puis le CD1 de 78 se clôt avec les deux premiers titres du concert 1981, le début du concert de 1981 etant donc tronqué, et se termine par deux titres de 1985... Vous me suivez ? Ceci pour des raisons de timing, je suppose. Sauf que c'est incohérent, et cela gâche complètement chaque fin et chaque début de concert. Notamment celui de 81 qui débutait à l'origine avec quatre titres survoltés et enchaînés tirés de "the River".