Le "Live àl'Olympia" de Deep Purple, que je viens d'acheter suite aux critiques de ce forum, sort tout juste de ma platine. Et je ne partage pas trop, ni ne comprends, l'enthousiasme des autres chroniqueurs. Il y a du bon et du moins bon dans ce disque. L'ambiance est effectivement assez chaude, mais pour ce genre de concert, on sait que le public est acquis d'avance. La set list présentée ici est alléchante, car elle est composée de morceaux rarement gravés sur disque, comme "Pictures of home", "When a blind man cries" ou "No one came"... Et puis autre innovation, la présence d'une section de cuivre pour épauler certains morceaux. Grande idée ! Mais hélas, elle n'est pas aboutie. Il aurait fallu en profiter pour donner une tonalité plus rythme 'n' blues aux morceaux, les réarranger, plutôt que de se contenter de les resservir tel quel. Le concert commence très fort avec "Fireball" et "Maybe I'm a leo". C'est après que les choses se gâtent...
Honnêtement, l'ensemble manque de pêche. "Pictures of home", titre survolté même en studio, est ici mou du genou. Ca ne swingue pas d'un poil. Le long titre "Cascades" est même assez ennuyeux. "When a blind man cries" qui aurait pu donner l'occasion d'un blues magnifique, est ici envellopé de violons ! Un comble ! "Smoke on the water" est expédié en 5 minutes chrono, sans conviction, encore un comble quand on connait la qualité de ce morceau. Sur "Woman from Tokyo" le quintet s'en sort mieux, retrouvant un peu d'énergie et de rythme, ainsi que sur "Speed King", mais il n'y a plus le crescendo hallucinant dans les solos qu'il y avait avant. Car on est bien obligé d'écouter ce disque avec une oreille sur les anciennes prestations du groupe. On ne peut pas s'empêcher de comparer, d'autant que les versions sont quasi identiques. Contrairement à Led Zep, qui dans les années 90 a réorchestré leurs morceaux de manière originale et convaincante, ici Deep Purple se contente de nous resservir la même soupe réchauffée. "No one came" qui présentait en studio deux longs solos, est ici écourté, voire bâclé. Et ce qui me gêne le plus, c'est ce changement de son. Que la guitare soit différente cela se comprend, Blackmore a cédé sa place à Morse, qui d'ailleurs ne nous offre pas de solos inoubliables. A part aller vite, que fait-il d'autre ? Et surtout, contrairement à Blackmore constamment inventif à la rythmique, Morse ne soutient pas les autres, il semble simplement attendre son tour de jouer ! Jon Lord ne joue plus sur un orgue Hamon. Il n'y a plus ce son agressif, ce mordant, ces attaques de folie, ces envolées jubilatoires. Les "petites impros" sentent l'exercice de style et les figures imposées. Heureusement que Ian Paice, derrière sa batterie, a su garder un jeu toujours créatif et fougueux. C'est lui le gardien du temple, car Gillian a de plus en plus de mal à pousser la vocalise !
Je vénère vraiment Deep Purple, qui a révolutionné la musique en 70 avec "In rock", et c'est sans doute pour cela que je suis un peu dur avec cette prestation. Ca manque de nerf et de fraîcheur. Ce n'est pas mauvais, mais ce n'est pas passionnant. Aucun passage n'accroche vraiment les oreilles et nous fait vibrer. Hélas...