Eels m'a toujours donné l'impression d'être un OVNI dans le paysage musical actuel. La personnalité complexe et écorchée de Mark Oliver Everett y est certainement pour quelque chose: sa musique est directe et épurée dans sa structure, tout en ayant une profondeur de champ incroyable grâce à des arrangements d'une grande finesse. Bref, un artiste sensible, intelligent, et portant un regard cynique et détaché sur le monde qui l'entoure. Tout les ingrédients de base sont donc réunis pour que l'interprétation des chansons de E en version "unplugged" soit réussie, et c'est vraiment la cas ici. La part belle est donnée aux titres de son dernier double album (qui est un véritable chef d'oeuvre soit dit en passant), album très personnel et donc propre aux interprétations intimistes. Le groupe dégage une grande émotion sur scène: les arrangements à base de guitare accoustique, piano, guitare steel et instruments à corde y participent grandement.
Pas de guitares pétaradantes ici. D'un bout à l'autre, il s'agit d'un excellent concert pour accompagner les longues et froides soirées d'hiver, dernière pierre ajoutée à l'oeuvre d'un artiste fascinant qui apparaitra certainement avec le recul comme un des plus marquants des deux dernières décennies.