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5.0 étoiles sur 5
" O Tempora ! O Mores ! ", 18 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live (CD)
Si l'on voulait qualifier la musique de Colosseum on pourrait dire que c'est du " Hard rock-blues jazzy progressif à tendance grosse déjante ".
Composé pour une part d'anciens membres des Bluesbreakers de John Mayall ( John Hiseman batterie, Dick Heckstall-Smith sax ),de Dave Greenslade à l'orgue et au vibraphone (qui fondera le groupe Greenslade, deux excellents premiers albums de rock progressif matiné de blues, sublimes pochettes de Roger Dean), de Chris Farlowe, chanteur de blues ayant déjà eu une carrière précédente en demi-teinte et qui participera aussi au groupe Atomic Rooster, Dave Clempson à la guitare (futur Humble Pie) et enfin Mark Clarke à la basse.
Colosseum a assuré de nombreuses premières parties de Deep Purple ( Maximum 40 minutes et solo de batterie interdit, faut pas "charger la Mule" tout de même!). La musique contenue dans ce live (double à l'origine) est très représentative d'une époque révolue (et farfelue) que les moins de vingt ans ne peuvent pas comprendre!
Mais ne nous méprenons pas! Ce n'est absolument pas du jazz-rock, tendance Mahavishnu, return to forever ou autres Weather Report. Les racines sont très blues et la rythmique très très groovy. Le guitariste est un émule du grand Jimi et son style pourrait être qualifié de "Trowerien". Le chanteur,Chris Farlowe, dont la voix rappelle celle de Guillan en plus grave et plus facétieuse, assure l'ambiance tel un bateleur moyen-âgeux.
L'ambiance générale du concert est "chaud-bouillant", on entend très bien les réactions du public,dans "Skelington" très bluesy, Clempson prend un solo de guitare au vrai sens du terme, pendant que les autres fument une clope et boivent une bière. Il y a des passages jazzy plus légers, mais jamais ennuyeux, de gros moments d'improvisation délirante, mais toujours maitrisée.
Ce Live reflète bien cette époque (1971) ou la musique n'était pas corsetée dans des carcans d'étiquettes et de guettos musicaux. Cet album pourrait presque servir de témoin "paléanthologique" sur cette façon de jouer la musique live. Une deuxième mouture de Colosseum verra le jour après sa séparation (participation de Gary Moore),mais je ne l'ai jamais écoutée.
Je conseille cet album aux curieux et aux défenseurs de la liberté.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
du grand jazz-rock anglais, 5 octobre 2001
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live (CD)
Colosseum n'a étrangement jamais eu le succès qu'il méritait et pourtant ce live montre un groupe d'une cohésion rare (digne des led zep, cactus, allmann brothers, deep purple), en constante improvisation. Ecoutez la voix puissante et pleine de soul de Chris Farlowe, la guitare inspirée et véloce de Clem Clempson futur Humble Pie, et les saxes (!) de Dick Heckstall-Smith. Cela donne notamment "Lost Angeles", une composition de toute beauté qui montre à merveille le talent et l'inspiration de Clem Clempson. Du jazz-rock en pleine liberté de grande classe. Difficile de ne pas adorer.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
LA MAISON BLUES EST EN FEU : TANT MIEUX !, 28 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live (CD)
Inconnu au bataillon avant qu'un chroniqueur ne me le fasse découvrir, cet album live de COLOSSEUM est un grand moment de musique et de... n'importe quoi ! Imaginez les Allman's Brothers se disant : on arrête de donner dans le distingué, on ne recherche plus l'accord parfait, la classe internationale on s'en tape, les arrangements précieux on les balance aux orties, le beau son cristallin des guitares et le velouté de l'hammond : stop !
On veut du cradingue, du déglingué, de l'hirsute, de la sauvagerie. L'orgue hammond de Dave Greenslave rappelle furieusement celui de Jon Lord, acéré, mordant, énorme, présent. La voix de Chris Farlow par contre, ne me rappelle pas spécialement celle de Ian Gillan. Ses possibilités techniques sont un sacré cran en dessous, le timbre est différent. Disons que Farlow fait avec ce qu'il a (une bonne base) et il compense par une allégresse de tout instant, de la folie, des hurlements sauvages. Il a en commun avec Gillan le fait de ne pas se contenter de chanter des textes entre deux chorus, mais de participer à l'ensemble, et donner une tonalité festive à la prestation.
La base de cette musique : le blues, incontestablement, comme on en jouait chez les blancs à la fin des années 60, c'est-à-dire mâtiné de guitares rock, de soul, d'impro (FLEETWOOD MAC, ALLMAN'S, PACIFIC GAZ AND ELECTRIC, THE ELECTRIC FLAG...) et de chorus à rallonge. Celui du guitariste Dave Clempson sur « Lost Angeles » est de toute beauté. Sur ce même morceau, notons que Greenslave se met au vibraphone, et donne une couleur jazzy extrêmement intéressante le temps de quelques mesures. Blues aussi avec la reprise de « Stormy Monday blues » qui n'a pas la finesse et la beauté frémissante de celle des Allman's sur le live au Fillmore, mais qui commence avec un scat speedé de Farlow, et encore une fois, définit fort bien ce qu'entend faire ce groupe à partir de la musique de leurs aînés : garder le noyau, mais faire exploser les codes, transgresser, métisser, s'amuser.
La présence d'un saxophone change un peu la donne, avec cette pointe de rock progressif, très présence sur « Rope Ladder » et surtout sur l'instrumental déjanté « Tanglewood 63 » avec les harmonies vocales très datées « prog ». Pour le reste, c'est du rock blues furibard qui rappelle BLODWYN PIG, avec ce boogie incroyable « Walking in the park », le long, somptueux et bluezy « Skelington » avec solo de guitare et changements de tempo.
Une musique non formatée, libre, inspirée, vivante, qui ne recherche pas la maîtrise absolue de l'art musical, mais qui dépote, décoiffe, explose, et donne envie de monter sur scène pour des jams interminables et jubilatoires.
Merci Hervé.
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