5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
C'EST BEAU, C'EST DOUX, C'EST BIEN FAIT... MAIS EST CE SUFFISANT ?, 5 juillet 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live (CD)
Au risque de faire grincer quelques dents, revenons un peu sur la création des Eagles.
En 1971, nous sommes quatre ans après le festival de Monterey, où des groupes pop insouciants étaient heureux de jouer devant un public hippie, pacifique, sans autre idée que de partager un bon moment de musique. Sauf que déjà, quelques maisons de disques de la côte Est, envoyaient des émissaires, afin de recruter des talents, les faire signer, avec des valoches de dollars en guise d'appâts. Déjà, se dessinait une émulation, voire une concurrence, entre les groupes de San Franscisco, et ceux de Los Angeles. En 1969, c'est le festival d'Altamont, qui sonnera le glas de ces grands rassemblements. Le rock business était né.
Pour les maisons de disques, il fallait faire signer un maximum de monde, et si possible, que cela rapporte ! En 1971, David Geffen crée le label Asylum, porté sur le folk, avec Jackson Browne, Linda Ronstadt, et... Glenn Frey. Ce dernier occupe une fonction proche d'un Isaac Hayes chez STAX. C'est un auteur, compositeur, chargé de formater des tubes à la pelle. Don Henley, lui, est batteur de studio. En fait, presque tous les membres de Eagles se côtoyaient, enregistraient ensemble, mais pour d'autres artistes. David Geffen, leur demande un jour de créer leur propre groupe, et de composer de belles chansons folk-rock, accessibles, afin que le label soit bien placé dans les charts.
Eagles est donc une création à but hautement lucratif, créée de toutes pièces, une réunion de talents. Un super-groupe. Et peu importe que ces gars-là s'entendent bien, s'éclatent, l'important, c'est que ça rapporte ! Ceci étant dit, cela n'empêche pas le talent...
Car les compositeurs de Eagles n'en manque pas de talent, on le sait. « Heartache tonight » est une perle, « New kid in town » ou « Desperado » des modèles du genre... Ils ont écrits de belles mélodies, des arrangements lisibles, tout cela est bien fait, propre, calibré pour les stades. Une fois sur scène, les chansons passent bien, mais elles ne vivent pas. Elles sont la copie conforme des versions studio. A l'image de leur grand tube « Hotel California » dont un sticker collé à la pochette de l'édition vinyle de ce live, précisait : « Avec Hotel California en version longue ! ». Effectivement, la chanson est rallongée de 12 secondes...
Si j'ai rappelé le contexte de création du groupe, c'est pour montrer que ces musiciens-là n'avaient pas, ensemble, une culture de scène, ils n'avaient pas ramé dans les bars, les clubs, écumé les petites salles, ne c'étaient pas forgés un répertoire scénique. Leur réputation ne vient pas de la scène, du "live". Ils sont passés directement d'un studio aseptisé aux stades de baseball.
Ce live des Eagles est ni plus ni moins qu'un best-of avec du public derrière. Musicalement parlant, il n'y a pas grand chose à dire, c'est du folk-rock mâtiné de country, fort bien produit. N'étions-nous pas en droit d'attendre de telles individualités, un disque plus risqué, plus audacieux, plus passionnant, et un peu moins pompeux ?
Voici quelques liens pour appronfondir la question...
STP : A travers l'Amérique avec les Rolling Stones.
Waiting for the Sun : Une histoire de la musique à Los Angeles San Francisco : 1965-1970, les années psychédéliques
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5
UN DOUBLE LIVE SANS INTERET, 18 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Live (CD)
Ce live propose - quinze chansons de "Hotel California" à "Take It Easy" où les Eagles reprennent les hymnes de leur répertoire avec une inspiration renouvelée - nous précise le commentaire ci-dessus, mais en fait pas du tout, ce disque sorti en 1980 est d'une stérilité et d'un manque d'intérêt total, les titres enregistrés en 1976 sont aussi amorphes que ceux de 1980, ce qui prouve bien la désaffection des membres qui sont déjà séparés lorsque l'album sort. Les tensions croissantes entre Glenn Frey et Don Felder les ont d'ailleurs incités à mixer chacun de leur côté ce double album.
Les versions de leurs classiques ici en public sont sensiblement identiques aux versions studio, un "Best Of" avec des applaudissements derrière comme précisait le commentateur Luc B.
C'est un album boursouflé, plus contractuel que nécessaire avec une seule chanson qui vaut le détour : la magnifique reprise « Seven Bridges Road » de Steve Young.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui
Non