Puisque les Red Hot ne s'étaient jamais livrés à cet exercice auparavant, on comprend l'importance et les attentes quant au rendez-vous en question.
Hyde Park, concert en plein air, ambiance décontractée, avec malheureusement un peu de relâchement ça et là. La set list choque dès l'entrée en matière, puisque le groupe se concentre exclusivement sur ses deux derniers albums. Certes ils sont suffisamment bons pour remplir deux heures de concert (qui d'autre pourrait s'en vanter ?), mais c'est dommage car le live ne fera pas office d'anthologie, mais plutôt de photo en instantané d'une formation qui a beaucoup évolué (et mûri...) musicalement.
Première satisfaction, Kiedis a pris des cours dirait-on. Les fausses notes se font rares dans son chant, et c'est une nette amélioration par rapport à ses anciennes prestations, plutôt affligeantes d'imprécision. Il assure, mais reste bien en dessous de ses prestations télévisées (grammy et autres) qui sont toujours incroyables. Flea et Chad sont quant à eux irréprochables : une rythmique en béton, rien à dire. Frusciante s'enflamme un peu trop, et a la fâcheuse tendance à gâcher ses solos et mettre un peu de bordel à la place. Bordel qui se veut super inspiré... mais qui s'étale comme un étron la plupart du temps. N'est pas Slash qui veut. C'est bien d'apporter des variations par rapport aux albums, mais si c'est pour niveler par le bas, c'est pas nécessaire.
Au final, bien entendu la musique est exquise et les deux disques s'écoutent avec beaucoup de plaisir, on aurait juste souhaité un live parfait et intemporel qui traversera les âges. Les Red Hot ne le délivrent pas, mais on ne va pas leur en vouloir pour ça..