Avec, dans les rôles de Gabin et Pierre Fresnay: Messieurs Ian Anderson et Martin (Lancelot) Barre (pronounced Barré,étonnant pour un guitariste, pas d'accord?).
Bon, au premier ras-bord, Ian Anderson a pris un petit coup de vieux,la voix qui a du mal à atteindre les aigus, mais Martin Barre a maigri et son jeu de guitare s'est encore affiné, alors ça équilibre...
Montreux, où ce concert a été filmé, est une ville bénie par les dieux: elle fut le lieu où Deep Purple enregistra "machine head" et aujourd'hui on peut y déguster les meilleurs féras du lac Léman, arrosés d'un petit coup de Fendant.
Le Montreux jazz festival,organisé par monsieur Claude Nobs (cité sur Machine Head) est toujours synonyme de grande qualité musicale et ce concert ne déroge pas à la règle.
Sur les cinq musiciens présents, trois sont nouveaux, assez jeunots (40 ans), mais assurent comme des bêtes (le batteur est un clone de Barriemore Barlowe).
La prise de son est parfaite, le light-show sublime mais zen et les cameramen connaissent leur sujet sur le bout des doigts: de la belle ouvrage( l'image est tellement bien définie qu'on arrive à repérer les réglages des potars sur les têtes d'amplis Soldano,des Rolls d'ailleurs!).
Si vous voulez prendre un cours de guitare par un des plus sublime et underated guitariste, j'ai nommé Martin Barre, vous allez en prendre plein la tronche! Avec les années, il est comme le bon vin, un gant de velours dans un gant de fer. De plus avec les vieux jours, il s'est converti à la Stratocaster (après des années d'errance Gibsonienne et Hamerienne),le brave homme!
Ian Anderson assure toujours autant son rôle de bateleur médiéval, mais avec un humour "so british" à dérider les Suisses!
Le répertoire va des débuts( Fatman, jouissif où le guitariste joue la flûte à la place d'Anderson à la mandoline, Nothing is easy) en passant par la période "song from the wood"(hunting girl,p.tain de riff!),aux classiques (My God, Aqualung, Locomotive Breath) et un set acoustique épatant (Pavane de Gabriel Fauré, Bourée, et autres morceaux jazzys en diable).
Tout cela passe très vite dans une bonne humeur communicative et l'on voudrait bien un autre épisode avec "Thick as a brick" et consorts.
Un superbe témoignage du Tull, à compléter avec le concert du Madison Square Garden de 1978(introuvable en France, voir Amazon UK) et qui prouve que le rock (même celtico-prog) ça conserve!