Il n'est pas une discothèque se revendiquant idéale qui puisse faire sans ce disque essentiel de Muddy Waters : Live At Newport 1960. Dans tous les meilleurs classements du rock et du blues, vous n'échapperez pas à cet album dont les neuf premiers titres ont été captés au festival de jazz de Newport, un soir d'été 1960 (le 3 juillet), tandis que les quatre derniers morceaux sont des bandes studio (Chicago), datant du mois précédent (juin 1960) Chicago ; elles ont été rajoutées pour les besoins de l'édition Mca/Chess de 2001, mais l'original intègre les titres 1 à 9. Pour ce classique du blues, Muddy Waters est entouré d'un groupe de pointures du genre, parmi lesquelles Pat Hare, guitariste discret mais ô combien présent, dans le sillage du maître, James Cotton, un harmoniciste de grand talent, et Otis Spann, pianiste virtuose, dont on soulignera plus particulièrement la prestation. Live At Newport est un millésime exceptionnel et a valeur historique dans la mesure où, pour des raisons de troubles occasionnés par des étudiants ivres, la veille du festival, ce dernier (un des premiers événements du genre) a été suspendu. D'où le final sous forme d'improvisation, Goodbye Newport Blues, écrit par Hughes Langston, poète et présentateur du programme des réjouissances de ce 3 juillet 1960... Hoochie Coochie Man, I Got My Brand On You, I Got My Mojo Working, Tiger In Your Tank...les prestations sont explosives. Le meilleur de Waters figure dans ce disque mythique et séminal, les enfants.