Enregistré les 11 et 12 juillet 1986, quasiment au terme du Magic Tour,
Live at Wembley révèle toute la générosité et l'énergie de Queen en concert. Un groupe alors au sommet de sa popularité et qui, en deux soirs, rassemble près de 150 000 personnes. Ce live, qui ne sort - opportunément - qu'en 1992, après le décès de Freddie Mercury, est un double album, plus complet donc que le
Live Magic issu de la même tournée paru en 1986.
La set-list est assez originale qui, tout en privilégiant les hymnes à stades qui ont fait la renommée du groupe (
« We Will Rock You », « We Are The Champions »,
« Hammer To Fall », etc.) fait la part belle aux ballades (
« In The Lap Of The Gods »,
« Love Of My Life »,
« Is This The World We Created? »,
« Who Wants To Live Forever »), étonnamment prenantes sinon intimistes pour un concert devant 75 000 personnes, et s'achève avec l'incontournable hymne national britannique repris à l'unisson par le stade. A l'image des Beatles ou de U2, la réserve de tubes de Queen est si vaste que beaucoup sont nécessairement laissés de côté. D'autant que le groupe réserve une large part aux morceaux des deux précédents albums (un quart des titres est issu de
The Works et
A Kind Of Magic), à des titres des années 70 un peu oubliés (
« Brighton Rock » ou
« Seven Seas Of Rhye », par exemple)
, ainsi qu'à quelques reprises enlevées (Elvis, Liza Minelli, Little Richard, etc.) comme Queen en donne depuis ses débuts. Tout n'est, of course, pas parfait : la voix de Freddie Mercury déraille parfois, certains morceaux durent un peu trop (surtout la suite
« Impromptu » - « Brighton Rock » - « Now I'm Here » : près de 20 mn) ou ont un rendu live assez médiocre (surtout
« Another One Bites The Dust »,
« Radio Ga Ga »,
« A Kind Of Magic ») ; mais dans son ensemble, ce
Live at Wembley est un vrai régal pour ceux qui aiment autant le penchant pop et le penchant rock de Queen. Et surtout, surtout, c'est un Freddie Mercury jubilant qui triomphe ici, porté par la ferveur de la foule qui joue le jeu des vocalises, reprend les refrains en choeur, et à laquelle il déclare son amour.
C'est grandiloquent, dynamique et exalté : c'est du pur Queen. Oh, et en images, c'est encore meilleur.
Mikaël Faujour - Copyright 2012 Music Story