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Trois ans après l'impact considérable produit par l'étonnant
All Things Must Pass, George Harrison reprenait le chemin d'Abbey Road pour l'enregistrement de cet album, en 1973. Une chose est sûre :
Living In The Material World est l'antithèse du "monumental" triple album, l'ex-Beatle ayant opté pour un son minimaliste, acoustique, plutôt que pour le colossal "mur du son" de Phil Spector. Les compositions n'en sont que plus délicates - et toujours chantées et interprétées à la perfection par George, qui, comme à son habitude, s'est entouré de fidèles parmi les fidèles (Ringo Starr, Klaus Voorman, Nicky Hopkins, etc.). "Give Me Love (Give Me Peace On Earth)", "Sue Me, Sue You Blues" et "Don't Let Me Wait Too Long", notamment, sont du très grand Harrison.
--Philippe Margotin
Critique
Etrangement, George Harrison vole (enfin) la vedette à John Lennon et Paul McCartney après la séparation des Beatles, car il est partout. Après le raz-de-marée provoqué par
All Things Must Pass et le méga-concert au profit du Bangladesh, l’indépendance semble lui réussir. Gros succès commercial,
Living In the Material World est, assez injustement d’ailleurs, fortement décrié par la critique. On reproche à George le caractère moralisateur de ses textes et beaucoup sont perplexes face au paradoxe que constitue sa condamnation d’un système dirigé par l’argent compte tenu de sa confortable position d’ex-Beatle.
Au-delà des ces considérations terre-à-terre,
Living In the Material World est un album d’assez bonne facture, peut-être moins spectaculaire que le précédent, mais Harrison y apparaît au sommet de son art. Qu’il s’accorde une parenthèse blues (
« Sue Me, Sue You Blues ») ou qu’il parle d’amour (
« Don’t Let Me Wait Too Long »), son jeu de guitare est impeccable. Et si sa quête de spiritualité en agace certains, elle continue d’avoir une place prédominante dans sa musique (
« Give Me Love (Give Me Peace On Earth) »).
Pricilia Decoene - Copyright 2012 Music Story