Critique
Living The Blues a été l’un des premiers double albums de l’histoire, après ceux de Bob Dylan, Mothers of Invention, Beatles et Cream. Directement dans la continuité de
Boogie With Canned Heat, il est tout aussi indispensable.
Il est dominé dans sa face « studio » par un autre hit,
« Going Up the Country », inspiré à Al Wilson par le
« Going Down South » du bluesman Henry Thomas (
« Ragtime Texas ») de 1928 dans lequel Thomas jouait l’intro à la flûte de Pan. Quarante ans plus tard Wilson emploie une flûte dont la tonalité se rapproche de sa propre voix de fausset. Le résultat est saisissant et le morceau fait le tour du monde. Il figure déjà dans la mémoire collective lorsqu’il est utilisé en ouverture du documentaire sur le festival de Woodstock auquel le groupe a participé. Puis en 2004 comme fond sonore du spot de pub TV pour le nouveau modèle Espace de Renault.
Si Bob Hite semble se débarrasser du
« Walkin’ By Myself » du compositeur prolixe Jimmy Rogers (avec John Mayall au piano), il est impérial dans
« Boogie Music » arrangé par Dr. John, et rugit dans
« One Kind Favor ». Suit une longue pièce psychédélique ambitieuse mélangeant blues et « musique du monde » avant la lettre, habilement intitulée
« Parthenogenesis ».
La pièce de résistance est une jam session basée sur
« Fried Hockey Boogie » du précédent album, longue ici de quarante minutes et enregistrée au Kaleidoscope à Hollywood, prétexte complaisant aux solos interminables de chaque musicien et illustration du slogan de Bob Hite : « don’t forget to boogie ».
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story