Quatrième de couverture
Voici des récits dont certains comptent parmi les plus anciens des Jours Anciens. Tolkien venait de participer à la bataille de la Somme, il était ébranlé, malade, quand il composa "La Chute de Gondolin ", où Morgoth, le Sombre Seigneur, trouve le chemin du royaume caché et se présente avec toute son armée devant la cité forte; de là un carnage auquel n'échappèrent que quelques elfes en s'enfuyant avec Earendel, petit fils du roi. On échappe mal à l'impression que le royaume caché, c'est l'Angleterre - protégée par son Channel - et que l'invasion de Morgoth exprime l'angoisse de l'auteur devant les hordes acérées des Teutons. Cependant le ton ignore la peur; il est tout de grandeur héroïque, de même que le "Conte de Beren et de Tinuviel" (qui prendra le nom de Luthien) respire l'élégie et même l'érotisme - un registre peu fréquent chez Tolkien. On a pu montrer que l'auteur pense très précisément à Edith, sa femme, quand il écrit: "Elle avait les cheveux d'un noir de jais, la peau blanche, les yeux brillants, et comme elle chantait - comme elle dansait! " Les deux amants partent pour la forteresse de Morgoth, à qui ils vont tenter - comme plus tard Frodon - d'arracher le joyau magique serti dans sa Couronne de Fer. A bientôt la fin du Premier Age du Soleil.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Biographie de l'auteur
John Ronald Reuel Tolkien est né le 3 janvier 1892 à Bloemfontein (Afrique du Sud). En 1895, la mère et le fils revinrent à Birmingham, berceau de la famille ; le père, malade, ne put les suivre et mourut l'année suivante. Pour la mère, ce fut la gêne, aggravée par sa conversion au catholicisme (1900), mal vécue par la famille ; elle disparut prématurément (1904). Ronald garda d'elle le souvenir d'une sainte; il eut pour tuteur un bon père qui l'éleva dans la foi médiévale; il s'enchanta d'avoir pour terrain de jeux un village des environs de Birmingham, dont il dessina et peignit les paysages ; la voie ferrée voisine menait à des gares du pays de Galles au nom étrange, et il apprit le gallois pour s'apercevoir que tous les noms propres ont un sens dans la langue qui les produit. De là sa passion pour les langues imaginaires comme le sindarin, inspiré du gallois, et le quenya, dérivé du vieux finnois. Il détestait Shakespeare et adorait Beowulf : il était voué à devenir philologue et poète épique. Ses premiers vers paraissent en 1911, année où il devient boursier à Oxford. Il passe ses derniers examens avant d'être enrôlé dans l'armée; en 1916, il épouse Edith Bratt, une camarade d'enfance qui lui donnera quatre enfants ; il revient du front malade, passe le reste de la guerre à commencer l'Histoire de la Terre du Milieu ; sa mythologie personnelle se met en place. Il enseigne l'anglais à l'université de Leeds (1920) puis à celle d'Oxford (1925) où commence sa longue amitié avec C. S. Lewis, fonde les groupes des Coalbiters (1926) puis des Inklings (1931 ?), devant qui il lit Bilbo le Hobbit avant de le publier (1937) ; son succès l'encourage à promettre une suite, qu'il mettra douze ans à écrire : Le Seigneur des Anneaux, publié en 1954-1955. C'est l'édition de poche américaine de cette grande épopée qui fait de Tolkien un auteur-culte sur les campus. Il meurt en 1973, laissant à son fils Christopher (né en 1924) le soin d'achever l'Histoire de la Terre du Milieu.
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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