Lizka a 17 ans et est fermement décidé à vivre sa vie comme elle l'entend. Cette prise en main subite commence forcément par le départ de son village natal, devenu trop petit pour la grande Lizka. Mais là-bas, dans la grande ville, la vie n'est pas aussi facile qu'elle aurait pu croire, aussi belle qu'elle aurait pu rêver. Une rencontre de hasard l'a fait tomber amoureuse de Micha... qui s'avéra un bel escroc... Puis, il y eut Viktor, grand apparatchik voué au parti... Se succéderont encore Arthur, le conducteur de trolleybus... puis Max, héros et blessé de guerre... puis Kostia le poète...
Les rues sont froides, sales et couvertes de boue. Les immeubles sont en état de décrépitude avancée, à la limite de l'insalubrité. Les logements sont étriqués et rares. Les boulots sont peu gratifiants. Malgré tout, il reste la bière, la vodka et l'alcool pour tenir le coup... et aussi l'amitié et l'amour. Car, ce que l'on retient de ce roman, ce sont les aventures de tous ces héros russes sortis de l'ordinaire et qui ont toujours fois en leur destin et qui malgré cette morosité ambiante tentent toujours d'aller de l'avant, d'avancer dans la vie en gardant un brin d'optimiste et de fatalité.
Au final, Lizka s'en sort toujours. Elle a su garder son âme d'enfant qui lui fait oublier rapidement ses mésaventures pour passer à autre chose. Dans toutes les situations, elle garde son envie de vivre, son optimisme et son humour. C'est ce qui fait aussi le charme de ce roman (en plus des formes de Lizka). Alexandre Ikkonikov finira par avouer qu'il aime son héroïne, et que son thème principal d'écriture est en fait l'humain... et la recherche du bonheur.