Régis Debray dérange, par son intelligence, la richesse de son analyse, et surtout, son esprit de liberté. Cet essai s'inscrit dans la veine des meilleurs : l'objectif est simple, il s'agit d'aider le citoyen à prendre conscience de la nécessaire re-création de la médiation en politique.
Illustrant le propos de la confusion de l'acteur au personnage qu'il interprète, ou de l'auteur avec ses écrits, comme pour le théâtre, Régis Debray critique la fusion du rôle du dirigeant politique avec celui de la vie de tous. A l'image du slogan "la France présidente" qui signifiait que 60 millions de Français étaient invités à vivre dans l'Elysée, entreprendre la direction du pays etc. Ce qui vide le sens du politique et détruit le principe de son action.
Comme le démontrera Régis Debray "non ce n'est pas la démocratie qui est obscène ! C'est la scène républicaine qu'il faut sauver de l'obscénité, au moment où la politique devient le tout-à-l'ego d'un pays en proie aux tyrannies de l'audimat, de l'émotif et de l'intime".
Remarquable essai.