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Le déclin de l'empire antiaméricain?, 25 mai 2003
Critique vigoureuse de la dictature intellectuelle gauchiste. Ou de l'asservissement à nos nouveaux maîtres, comme dirait Minc. Revel dénonce l'antiaméricanisme, bien sûr, mais aussi l'absurdité des "progressistes" paléomarxistes, des "tiersmondistes" protectionnistes, des "antiglobalistes" adeptes de la pensée unique, des "pacifistes" alliés à Saddam Hussein, des "multiculturalistes" qui condamnent les enfants ethniques aux ghettos. À vrai dire, la lecture de ce livre suscite un malaise: comment se fait-il que des propos si évidents, au point qu'on a l'impression que Revel s'acharne sur une cause déjà gagnée, soient encore rejetés par la majorité des intellectuels, et même que l'antiaméricanisme ait progressé depuis une dizaine d'années, malgré la chute du mur de Berlin et l'évident succès économique américain? Jalousie? Inquiétude face aux puissants? Humiliation des gauchistes qui en a exacerbé l'animosité? Certes, mais il y a probablement autre chose. Il me semble que l'antiaméricanisme européen, tout comme le pacifisme, l'écologisme, l'animalisme etc. soit passé du domaine des choix socio-politiques à celui de l'image qu'on veut projeter pour soi-même: il s'agit moins de ce qu'on veut faire et plus de ce qu'on veut être. En d'autres termes, ce sont des modes, d'où le malaise: démontrer l'incohérence des modes, irrationnelles par définition, semble être aussi futile que reconnaître la superfluité de la cravate, ou constater qu'il n'y a la moindre utilité pratique à pousser une boule dans un trou avec un bâton (jouer au golf)! Je suis donc d'accord avec Paul Paran sur l'aspect personnel et élitiste de l'antipathie envers les américains. Cependant, tant que les gauchistes français nous présentent leurs arguments comme une critique objective à la politique américaine, plutôt que comme une affectation mondaine, on n'a d'autre choix que d'étaler leur inconsistance.
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Revel est unique !, 9 octobre 2002
Revel est unique. Pendant la guerre froide, il fut seul, ou presque, à dénoncer la bêtise des politiques européennes (françaises en particulier) à l'égard de l'URSS; l'Ouest a gagné la guerre froide, non pas grâce à mais malgré l'Europe continentale. A l'heure de la menace islamiste et terroriste mondialisée, Revel est encore seul, ou presque, à dénoncer l'incurie, la vanité et la pusillanimité des Européens. Attentistes et "prudents" dans la lutte contre l'islamisme terroriste comme ils le furent dans la lutte contre le communisme et l'URSS, les élites européennes abandonnent par contre toute prudence et toute réserve quand il s'agit de communier dans l'anti-américanisme, avec une virulence d'autant plus courageuse et remarquable que les Américains sont nos alliés et qu'ils protègent l'Europe contre l'extérieur et contre ses propres errances depuis un siècle. Revel est unique encore dans le monde intellectuel francophone lorsqu'il constate "la haine pour l'Occident de la majorité des musulmans vivant parmi nous" (p. 129). C'est là une donnée de base d'une problématique que les Européens ont créée de toutes pièces et qu'ils devront gérer à très bref délai. Unique toujours Revel le libéral qui raille la Droite française, cette "droite" étatiste obsédée par l'idée de plaire à la gauche, cette droite de centre-gauche, incapable de réformer quoi que ce soit et qui jette ses électeurs déçus dans les filets d'une extrême droite tout aussi anti-libérale et anti-américaine. Il n'y a en France que des partis d'extrême-gauche, de gauche, de centre-gauche et puis d'extrême-droite. Bienheureux les Américains, les Britanniques, les Italiens qui ont la possibilité de donner leur suffrage à d'authentiques partis libéraux ! Revel est unique enfin dans sa description du mal français. Cet ouvrage montre, plus encore que les précédents (notamment l'excellent "Fin du siècle des ombres") que la France est, à maints égards, l'homme malade de l'Europe. Les maux français sont récurrent en Europe mais ils ont pris, en France, des proportions considérables : développement exponentiel de la criminalité sous toutes ses formes, multiplication des zones de non droit, hyperinflation de l'appareil étatique (six millions de fonctionnaires) et l'hypertaxation qui en est le corollaire nécessaire, sclérose de l'économie, flux migratoires incontrôlés, jacobinisme périmé, déséquilibres budgétaires, scandales étatico-financiers dantesques, corruption et discrédit des élites politiques jusqu'au "Premier Magistrat de France" (Revel parle de "monarchie bananière"), communautarisme exacerbé jusqu'à tolérer que des communautés vivent en marge de la légalité, déliquescence de l'enseignement à force d'idéologie et de violence, caractère irréformable de tout ce qui touche aux droits acquis, etc. Revel ne serait pas Revel si cette manière d'épitaphe du "modèle français" était énoncée sur un ton funèbre; "L'obsession anti-américaine" est au contraire truffé de passages amusants, par exemple lorsque l'auteur moque les lieux communs colportés par les élites françaises sur les Etats-Unis, ces élites qui dégoûtées par les soi-disant "working poors" américains restent fidèle au modèle bien français des "not working poors" ; l'idée que les adolescents américains "ne se rendent guère à l'école que pour ouvrir le feu sur leurs professeurs et leurs condisciples" (p. 143) ; "la pauvreté, telle est la plaie dominante des Etats-Unis" ; ce journaliste européen qui écrit à propos des attentas du 11/09 : "Que sont les vingt mille morts de New York (sic) à côté des millions de victimes que font chaque année les grands spéculateurs ?" ; à propos de l'intervention américaine au Kosovo : "Les Européens les remercient ensuite en les traitant d'impérialistes, tout en tremblant de frousse et en les qualifiant de lâches isolationnistes dès qu'ils parlent de retirer leurs troupes" (p. 43) ; Revel rappelle aussi le sort qui fut réservé par ses propres éditeurs au précédent ouvrage où il traitait de l'anti-américanisme ("Ni Marx, ni Jésus") : "Mon éditeur grec poussa le masochisme jusqu'à écrire lui-même (sans me consulter ni m'en aviser d'ailleurs) une préface où il demandait pardon à ses compatriotes d'avoir fait traduire et publier dans leur langue un tel tissu d'erreurs et d'imbécillités. (...) Mon traducteur italien parsema sa version de notes réprouvant mes idées" (p. 29), ... Bref, du grand Revel.
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contre la pensée unique..., 21 février 2003
Par Un client
Livre à éviter pour tout anti-américain viscéral et de mauvaise foi (pléonasme); Les arguments de J.F. Revel sont tout simplement irréfutables et surtout frappés du bon sens. Pour tout ceux qui sont fatigués de la malhonnêteté intellectuelle de nos médias et politiques, c'est un livre raffraichissant. La vérité soulage.
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