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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Horreur & fantastique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Locke & key Tome 1 : Bienvenue à Lovecraft (Broché)
Ce tome regroupe les 6 épisodes qui constituent le début de cette série.Rendell Locke est conseiller pédagogique dans un lycée dans la vallée de Mendocino. Il habite une maison à l'écart avec Nina, sa femme, et ses 3 enfants Tyler (l'ainé, proche des 18 ans), Kinsey et Bode (le cadet, une petite dizaine d'années). Dans la première scène, Sam Lesser et Al Grubb (2 élèves de l'établissement dans lequel travaille Rendell Locke) arrivent chez lui avec un pick-up volé dont ils viennent d'assassiner le propriétaire. Le massacre qui s'en suit laisse la mère et les enfants traumatisés. Ils prennent alors la décision de déménager vers une demeure familiale baptisée Keyhouse et située sur une presqu'île dépendant d'une commune dénommée Lovecraft. Duncan, le frère de Rendell, les accueille et les enfants commencent à s'installer. En particulier, Bode fait de curieuses découvertes : une clef qui ouvre une porte avec des effets étranges, un vieux puits condamné qui abrite une mystérieuse entité et des cauchemars relatifs à la mort de son père. Alors que chacun doit faire face aux conséquences psychiques du traumatisme, ils apprennent que Sam Lesser s'est échappé de prison. Au début, le lecteur se dit qu'il est tombé dans une histoire d'horreur qui brasse des composantes déjà vues ailleurs et qui n'a rien d'angoissante. Il est vrai que le tueur (Sam Lesser) fait froid dans le dos par sa détermination, son absence d'empathie et son intelligence, mais pour le reste la vie suit son cours. En fait comme les relations entre les membres de la famille et l'extérieur sont réduites à leur plus simple expression, il n'y a pas de contrepoint qui mette en perspective l'atrocité du meurtre. Et puis, comme assez rapidement, le fantastique s'invite dans l'histoire, il devient difficile de savoir sur quel pied danser. Mais comme la narration est très fluide, le lecteur se laisse mener dans ces saynètes. Or la tension monte petit à petit, mais inexorablement dans ce jeu de cache-cache dont on découvre les règles au fur et à mesure. Joe Hill s'applique à opposer le sentiment de culpabilité des personnages qui ont survécu, à l'innocence de Bode. Le récit joue sur plusieurs tableaux, le tueur que rien n'arrête, l'entité surnaturelle tapie, la position de victime toute désignée de Bode, etc. Tout au long du récit, Joe Hill (auteur également de Le costume du mort) et Gabriel Rodriguez savent rendre intéressantes des saynètes inhabituelles dans ce genre de récit. Par exemple, ils composent une scène d'enterrement qui sort des clichés. Plutôt que d'asséner une oraison funèbre assaisonnée de plusieurs discours larmoyants, ils installent Tyler sur un banc dans un couloir à l'extérieur de la pièce où se tient le buffet et 3 individus viennent le soutenir de manière plus ou moins habile. Rodriguez s'en tient à un cadrage identique sur 3 pages, dans lequel le lecteur glane quelques informations visuelles sur les extrémités gauche et droite des cases de la largeur de la page. Autre passage remarquable, Bode explore une salle pour récupérer une épée et repère la première clef. En une page et demie, Rodriguez retranscrit la vitalité du personnage, sa curiosité et sa grande innocence. Alors qu'il est en cavale, Sam Lesser se retrouve dans un bus où une femme commence à le regarder de manière soutenue. Encore une fois, c'est uniquement la mise en scène de cette situation ordinaire qui permet de faire la tension et de présager l'issue inéluctable. Gabriel Rodriguez utilise un style qui évoque à la fois ceux de Rick Geary et Cully Hamner. Il détaille ses décors au-delà de la moyenne habituelle pour installer des lieux pleins de caractère. Le manoir de Keyhouse se compose d'éléments prosaïques aisément reconnaissables qui permettent de s'immerger dans ses corridors et ses pièces de vie. En plus de ces éléments réalistes, il structure le bâtiment de manière à ce que l'impression globale aboutisse à un bâtiment dont le lecteur perçoit de manière subliminale qu'il possède une dimension fantastique. De la même manière, Joe Hill rédige des dialogues plus littéraires que naturalistes qui rapprochent le récit de ses homologues romanesques. Pour être complet, il faut mentionner que ce récit ne s'apparente pas (pas encore en tout cas) à la mythologie de H.P. Lovecraft. Joe Hill et Gabriel Rodriguez ont concocté un récit habile avec son propre rythme et une ambiance très particulière qui entremêle habilement horreur primaire (le coup de hache dans le crâne), avec fantastique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un deuil dans la famille,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Locke & key Tome 1 : Bienvenue à Lovecraft (Broché)
Depuis le meurtre de leur père, Tyler, Bode, Kinsey et leur mère s'enfoncent dans le deuil. Pour s'en sortir, ils partent vivre à Keyhouse, le manoir familial situé dans la presqu'île de Lovecraft. Alors que l'un des assassins, Sam Lesser, croupit en prison et que l'autre a trouvé la mort, les Locke pensent pouvoir vivre en paix. Mais dans cette immense bâtisse, des secrets bien gardés dorment depuis trop longtemps et l'arrivée de nouveaux occupants va les réveiller...Premier volume de la série Locke & Key, Bienvenue à Lovecraft débarque sans prévenir en cette fin d'année 2010 grâce à Milady Graphics. Et alors qu'on ne l'attendait pas, le comic book signé Joe Hill se révèle une excellente surprise. Si Joe Hill ne vous dit rien, c'est parce qu'il s'agit du nom de plume de Joseph King, le fils du maître de l'horreur, Stephen King. Secondé par le chilien Gabriel Rodriguez au dessin, l'américain déploie tout son talent au service d'une histoire sensible et forte en émotions. Avec un nom aussi évocateur que Lovecraft pour désigner le lieu principal de l'action, on comprend d'emblée que le fantastique va régner en maître dans le récit. Commençant comme un banal thriller avec le meurtre du père Locke par deux adolescents, l'histoire prend rapidement sa dimension surnaturelle avec l'arrivée de la famille dans le manoir de Keyhouse. Grâce aux découvertes de Bode au sujet de la capacité atypique de certaines portes (on vous laisse la surprise) et sur la "résidente" du puits, on entre de plein pied dans un monde inquiétant et énigmatique. Rapidement, Joe Hill met en place son intrigue en donnant voix à chacun de ses personnages à tour de rôle. La puissance de l'histoire et le suspense ménagé autour de celle-ci par l'auteur n'ont aucun mal à tenir le lecteur en haleine. D'autant plus que les rebondissements vont crescendo jusqu'à un final qui nous laisse dans une attente fébrile de la suite. Malgré ce scénario très bien construit, Bienvenue à Lovecraft se démarque de la production actuelle par la sensibilité dont fait preuve l'américain pour nous dépeindre une famille en plein deuil. Si puissance narrative il y a, c'est notamment grâce aux enfants et la façon de Hill d'exprimer leur douleur face à la disparition de leur père. Ainsi, comme dit plus haut, on retrouve un chapitre au moins où chacun nous livre ses pensées et sa façon de se confronter à l'absence. On salue notamment bien fort le travail accompli sur le personnage de Tyler dont la peine se retranscrit dans le mutisme et dans l'auto-agressivité. Autre excellente chose, l'américain arrive à mettre en rapport le type de réaction avec l'âge. Ainsi Bode, bien plus jeune que Tyler, n'aborde pas la disparition de son père de la même façon, ne la réalisant pas vraiment (même s'il est bien aidé en cela par les événements surnaturels qui se passent dans Keyhouse). Enfin, on se réjouit que le meurtrier, Sam Lesser, ne se présente pas comme dans la plupart des criminels dans les œuvres de ce genre. Au contraire, par l'intermédiaire de nombreux flash-back, Joe Hill explore le personnage et ce qui a pu l'amener à commettre l'indicible. Ce procédé s'avère d'autant plus fort qu'il évite de tomber dans le manichéisme. Reste quelques personnages en retrait, comme la mère, mais que l'on peut légitimement espérer plus exploités dans le prochain volume. Terminons sur le dernier point remarquable de Bienvenue à Lovecraft : son aspect graphique. Illustre inconnu sous nos latitudes, Gabriel Rodriguez accompli un travail irréprochable particulièrement sur le visage des personnages. Grâce à un trait particulièrement expressif, il apporte énormément à l'empathie que peut ressentir le lecteur vis-à-vis des protagonistes de l'histoire. Nul doute que sans lui, le comics perdrait énormément de son impact émotionnel. Alors que personne ne l'attendait, la série Locke & Key fait une entrée remarquée sur le marché français. Récit fantastique palpitant, personnages attachants et graphisme ciselé, Bienvenue à Lovecraft joue déjà dans la cour des grands. On attend donc impatiemment la suite... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'au-delà,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Locke & key Tome 1 : Bienvenue à Lovecraft (Broché)
Les films de "rednecks" avec des gros beaufs complètements barrés qui commettent des crimes atrocement dégénérés, ça vous parle ? Je ne sais pas moi, "Delivrance" ? "Massacre A La Tronçonneuse" ? "Kalifornia" ?Les histoires de manoir hanté dans lesquels la victime la plus fragile est choisie pour rejoindre la cohorte de fantômes, vous connaissez ? "La Maison Du Diable" ? "Le Tour D'Ecrou" ? "La Chute De La Maison Usher" ? Les drames familiaux qui nous content les déboires d'une famille disloquée en quête de rédemption autour d'un mystérieux secret, ça vous dit quelque chose ? "Dolores Claiborne" ? "Rebecca" ? "La Malédiction d'Arkham" ? Et bien il y a un peu de tout cela dans "Locke & Key". Mais surtout, il y a bien plus de choses encore, car le romancier Joe Hill sait entremêler les genres avec un sens de l'alchimie tout simplement incroyable. Tout au long de ces six premiers épisodes, il démontre un talent de conteur à la fois exceptionnel et inédit. Reprenant la formule éculée des flashbacks, très souvent employée dans l'écriture des comics, il parvient à imposer un style unique en son genre qui, à n'en pas douter, deviendra rapidement sa marque de fabrique. Car il y a dans sa manière d'amener les événements, de décrire les personnages, leurs sentiments, leurs failles et leurs angoisses, quelque chose de réellement particulier, qui tient en grande partie à sa sensibilité d'écrivain et à son aptitude à mêler les genres. Ainsi, à partir d'un récit qui réunit les archétypes du fantastique les plus communs, il parvient à créer un récit totalement original. Attention, il y a une réelle toile de fond dans cette histoire. Car derrière le divertissement onirique se dissimule une étude bouleversante de la notion de deuil. Et "Locke & Key" de devenir, lentement mais sûrement, une parabole sur la manière de tout un chacun de traverser les traumatismes et la désolation ressentis face à la mort d'un proche. C'est tout à l'honneur de cette création de définir, à travers des figures fortement incarnées, ce genre de notion délicate, et Joe Hill nous démontre de manière magistrale qu'il est beaucoup plus qu'un simple "fils de"... La partie graphique est assurée par Gabriel Rodriguez. Franchement, son style minutieux et universel en impose : Voilà un sud-américain qui possède une griffe au parfait carrefour de celle des comics, du manga et de l'école franco-belge ! De ses personnages vibrants et charismatiques (malgré la touche semi-humoristique) à ses décors richement fouillés, nous découvrons là un dessinateur vraiment complet. Avec la complicité de son scénariste, il compose des planches d'une subtilité incroyable et parvient à extirper l'émotion du récit à son potentiel maximal. "Locke & Key" est décidément une sacrée réussite. Immédiatement ma série préférée du moment, avec "Scalped" et "The Unwritten". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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