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L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique : Version de 1939
 
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L'oeuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique : Version de 1939 [Broché]

Walter Benjamin
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  • Broché: 162 pages
  • Editeur : Gallimard (24 janvier 2008)
  • Collection : Folioplus Philosophie
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070349632
  • ISBN-13: 978-2070349630
  • Moyenne des commentaires client : 4.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Broché
Résumer cet ouvrage, écrit en 1935, jugé capital du philosophe allemand Walter Benjamin (1892 - 1940) est un exercice très complexe - comme le signalent les remarquables analyses qui composent cet ouvrage destiné aux étudiants en philosophie.

Benjamin démontre que l'art a perdu son aura à cause de la technicisation, de la mécanisation, de la reproductibilité technique d'une part, et de sa désacralisation d'autre part, par sa vulgarisation. "Au temps de l'Homère, l'humanité s'offrait en spectacle aux dieux de l'Olympe ; c'est à elle-même aujourd'hui, qu'elle s'offre en spectacle. Elle s'est suffisamment aliénée à elle-même pour être capable de vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de tout premier ordre." (p.53)

L'art était sacré. Une icône dans une église avait vocation au sacré (valeur cultuelle) et n'était regardée que par quelques initiés, dans l'exercice de la fonction sacrée. La vulgarisation (musée notamment) a distendu le regard porté à l'oeuvre d'art le compromettant dans le registre, petit à petit, de la distraction syndrome de la destruction (valeur marchande).

A propos des Dadaïstes : "Les dadaïstes attachaient beaucoup moins de prix à l'utilité mercantile pour qui voulait devant elles s'abîmer dans la contemplation. Un de leurs moyens les plus usuels pour atteindre à ce but fut l'avilissement systématique de la matière même de leurs oeuvres. Leurs poèmes sont des 'salades de mots', ils contiennent des obscénités et tout ce qu'on peut imaginer comme détritus verbaux. De même leurs tableaux, sur lesquels ils collaient des boutons ou des tickets. Par ces moyens, ils détruisirent impitoyablement toute aura de leurs produits auxquels, au moyen de la production, ils infligèrent le stigmate de la reproduction. Devant un tableau d'Arp ou un poème de Stramm, on n'a pas, comme devant une toile de Derain ou un poème de Rilke, le loisir de se recueillir et de l'apprécier. Au recueillement, qui est devenu pour une bourgeoisie dégénérée l'école du comportement asocial, s'oppose ici la distraction en tant que modalité du comportement social". (p.46)

Cette reproduction (technique) dans la massification et la destruction de l'aura est industriellement pratiquée par le cinéma que Benjamin critique avec fermeté.

"Dans ces conditions [où il s'agit de préserver le régime de la propriété par le moyen de cela même qui tend à le supprimer], l'industrie cinématographique a tout intérêt à stimuler l'attention des masses par des représentations illusoires et des spéculations équivoques." Cela correspond au processus suivant : "A mesure qu'il restreint le rôle de l'aura, le cinéma construit artificiellement, hors du studio, la 'personnalité' de l'acteur. Le culte de la vedette, que favorise le capitalisme des producteurs de films, conserve cette magie de la personnalité qui, depuis longtemps déjà, se réduit au charme faisandé de son caractère mercantile".

Cet ouvrage dense nécessite plusieurs relectures. Les dossiers qui suivent le propos de Benjamin sont de très grande qualité. J'ai notamment beaucoup apprécié la critique fondamentale du mythe d'Andy Warhol, qui s'inscrit dans la continuité de la philosophie de l'auteur (illustration de la page de couverture).
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
Le philosophe Benjamin éclaire avec une précision d'entomologiste, ce qu'est l'art contemporain. La référence à Georges Duhamel sur l'image du cinéma, peut s'adapter à la télévision d'aujourd'hui : la télé est néfaste !
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