Amazon.fr
Révélation de la fin des années quatre-vingt-dix, Archive a conquis la critique et le public avec ce premier album,
Londinium sorti de nulle part en 1996, comme le premier album de Portishead, un an plus tôt. C'est effectivement au trip-hop dont il tire le spleen et une certaine mélancolie que s'apparentent les treize morceaux de l'album, un zeste plus électronique tout de même que le reste de cette mouvance musicale propre aux années quatre-vingt-dix. Des incursions vers d'autres genres musicaux témoignent de l'ouverture d'esprit de cette formation londonienne. Ainsi, "So Few Words", aux accents hip-hop, est l'un des sommets de ce disque, considéré par beaucoup comme l'un des chefs-d'oeuvre de son époque.
-- Florent Mazzoleni
Critique
A posteriori considéré par divers amateurs d’« électro planante » (toutes catégories confondues) comme un disque de référence,
Londinium ne fit pourtant pas beaucoup de vagues à sa sortie. Ce premier album dont Archive sorti affaibli (il s’en est fallu de peu pour que l’histoire du groupe ne s’arrête là), célèbre l’union entre l’énergie du hip-hop scandé par le rappeur John Rosko et l’électro down tempo portée par la douce voix de Roya Arab, éclairée par quelques trouées de piano, orgues et cordes.
Or, lorsque l’abstraction du jazz se marie au hip-hop, leur progéniture porte le nom d’« abstract-hip-hop » : trip-hop. C’est dire à quel point cet album est l’une des pierres angulaires de l’édifice, au même titre que
Mezzanine de Massive Attack et
Dummy de Portishead. De même, le mélange de quelques titres de cet album forme un cocktail que des artistes comme DJ Shadow ou Moby trouveront tout à fait à leur goût, quelques années plus tard (
« All Time », « So Few Words »).
Alors que
Londinium est l’album le plus éloigné de ses revendications actuelles, portées sur le rock progressif, il faut reconnaître qu’il est l’un des disques les plus cohérents du groupe. Les titres s’enchainent en douceur, sans fautes de goût ni changement brutal de direction, comme le collectif mené par Keeler et Griffiths savent en opérer. Funambules sur quelque fil électrique, les arrangeurs-compositeurs y enfilent des perles comme
« Headspace » ou
« Londinium ». Déroutant, captivant, cet album est une vraie réussite, étrangement mal assumée par un groupe multiple et définitivement inclassable.
Anne Yven - Copyright 2012 Music Story