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Commentaires client les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un livre genre bezoumni pour se bidonsker et se creuser un malenky peu le rassoudok...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'orange mécanique (Broché)
Généralement, lorsqu'un livre fait l'objet d'une adaptation cinématographique, il est souvent préférable de lire l'ouvrage avant d'aller voir le film. Mais, dans le cas de "l'orange mécanique", je conseillerai plutôt de faire l'inverse, tant le génie de Kubrick et l'interpretation magistrale de Malcolm Mc Dowell permettent de se familiariser au préalable avec le Nadsat (la langue des jeunes voyous imaginée par Burgess) et l'état d'esprit, un peu spécial, du narrateur (Alex), ainsi que de bien visualiser les scènes d'agression, parfois un peu rudes, décrites dans le roman; cela facilite la prise de contact avec l'histoire et accroit d'autant le plaisir de la lecture.Le livre met en scène une bande de jeunes délinquants parlant une langue bizarre, dans un décor de banlieue anonyme, et qui la journée sèchent l'école et trainent dans les bars, pour le soir venu déambuler dans les rues et pratiquer leur passe-temps favoris : l'ultra-violence....Agressions, vols, viols, réglements de comptes, meurtres...Evidemment, cela ne pouvait pas durer éternellement et les autorités finissent par s'en méler... Ecrite en 1962, l'histoire qui pouvait passer à l'époque pour une dystopie genre "1984" 1984, apparait, 50 ans plus tard, d'une brûlante actualité. Les banlieues dortoirs à l'abandon, la jeunesse hors de contrôle, la violence exacerbée, les prisons surpeuplées, la presse avide de sensations, les politiques ultra-sécuritaires empiétant sur les libertés publiques....Tout cela est devenue notre réalité ! Bien sûr, la société ne pratique pas encore le reconditionnement cérébral des individus, mais la société du tout contrôle a grandement progressé depuis les années 60 (fichage informatique et ADN, caméras de surveillance, techniques biométriques, puçage RFID...) L'oeuvre de Burgess conserve aujourd'hui toute sa puissance subversive car ce qu'il nous livre au travers le personnage d'Alex, c'est une critique au vitriol de la société moderne, de cette société de classe qui a peur de sa jeunesse et dont une partie, celle qui n'est pas née au bon endroit, sait qu'elle n'a rien à en attendre, si ce n'est des politiques de plus en plus autoritaires et répressives, portées par un discours culpabilisateur ou, à l'inverse, dissimulées derrière le volapuk technocratique et rassurant de la langue de bois. On doit toutefois apporter un bémol à ce constat : le personnage d'Alex, quoique ignoble, nous apparait sympathique parce qu'il revoie à une délinquance largement fantasmée . Alex est intelligent, il a choisi la voie du mal en conscience, il parle une langue bizarre mais évoluée qui n'a rien avoir avec le charabia des cités et surtout il est doté d'un humour diabolique. Ses victimes, aussi bien dans le livre que dans le film, apparaissent desincarnées, on n'y accorde guère d'importance, ce qui tend à minimiser la gravité de ses actes . Or, dans la vraie vie, la délinquance ordinaire est le fruit de la pauvreté et de la misère sociale, sur lesquelles prospèrent bétise et ignorance. Elle est le fait d'êtres frustres et sans repère, aux antipodes du personnage d'Alex, et engendre souvent des conséquences dramatiques pour des victimes qui ne sont pas responsables des dérives de la société... Le film de Kubrick fit l'objet de vives polémiques à sa sortie, qui rejailliront sur Burgess qui le vivra assez mal Le testament de l'orange. il fut d'ailleurs rapidement interdit en salles au moins de 18 ans. Quant au livre, j'ai été très surpris d'apprendre que le dernier chapitre, pourtant plein d'espoir, avait également été censuré dans l'édition US. Or, dans ce dernier chapitre, Alex, qui a retrouvé le contrôle de son esprit, renonce de lui même à la violence et envisage de fonder une famille... Une fin apparemment inacceptable à l'époque, au pays du puritanisme exacerbé et de la peine de mort, où le criminel devait être définitivement écarté de la société sans espoir de rédemption... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
une oeuvre puissante au style éblouissant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'orange mécanique (Broché)
Curieux destin littéraire que celui d'Anthony Burgess! Né en 1917, mort en 1993, cet excellent romancier anglais aura publié au cours de sa carrière une bonne cinquantaine d'ouvrages, mais la postérité a pratiquement oublié la plupart d'entre eux pour n'en retenir qu'un seul. Il en va ainsi de certains écrivains. De leur plume naît parfois une oeuvre si forte qu'elle éclipse toutes les autres. Et pour peu qu'un réalisateur de génie s'avise d'en faire un film-culte, l'oeuvre en question finit par acquérir un statut quasi-mythique. Personnellement, ce qui me frappe dans le cas de "Orange Mécanique", c'est que cinquante ans après sa parution, ce roman est resté aussi frais qu'au premier jour. Son sabir est toujours aussi cocasse, son ton aussi provocant, sa vision d'un futur dystopique aussi dérangeante. Mais ce qui confère à ce livre une pertinence intemporelle, c'est surtout la lucidité avec laquelle il se penche sur le problème de la violence et du Mal. A travers l'histoire d'Alex, jeune voyou de la pire espèce qu'un gouvernement cynique décide de conditionner chimiquement pour le rendre inoffensif, Burgess, en effet, se pose -et nous pose- une question essentielle: dépouillé de son libre-arbitre, un être humain est-il encore vraiment humain? Question éminemment morale qui inscrit cette oeuvre dans la grande tradition des contes philosophiques du 18ème siècle.
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